L'hiver scandinave

Publié le 30 Janvier 2014

Aurores boréales et retour à la réalité

Autant te le dire tout de suite : contrairement à ce qu'on espérait, on n'a pas réussi à voir l'ombre d'un poil d'aurore boréale. Même pas de loin, même pas de dos, même pas à travers les nuages... Nada, peau d’balle. Comme ça c'est clair, c'est pas la peine de faire défiler tout l'article à la recherche de belles photos, il n'y en a pas !

Ceci étant posé, je reviens un peu en arrière pour préciser le contexte du pourquoi du comment. À la suite d'une chaîne d'événements médico-pratico-logistiques, nous ne sommes finalement que deux à partir pour l'expérience nordique, Coralie et moi-même. À part la chasse aux lumières célestes, rien n'est prévu, on a juste nos billets d'avion aller/retour avec douze jours sur place.

L'idée de base était de partir d’Oslo pour se déplacer en stop vers le nord de la Norvège, idéalement jusqu'au Cercle Polaire, afin d'accroître nos chances d'apercevoir les mythiques Northern Lights. Sur le papier, ça paraissait top, vive l'aventure. Sur le terrain, ça s’est révélé un peu moins génial. Tu te souviens quand je t'ai parlé de ce projet et que, choqué, tu m'as répondu « mais t'es fou, il va faire trop froid ! » ? Bah, j’ai beau eu te répondre « nan ça va le faire facile » sur un ton condescendant, j'aurais mieux fait de t'écouter ! Je ne vais pas disserter trois heures autour du stop par moins dix degrés, mais je dois bien t'avouer que c'était effectivement une idée à la con. À vrai dire, on avait déjà perdu trois orteils avant même d'avoir quitté la banlieue de la capitale. Du coup, on a fait demi-tour. Et les billets d’avion vers le Grand Nord coûtant un bras, si ce n’est les deux, on a très vite compris qu'on ne verrait jamais nos aurores boréales. Déception...

Vient alors la grande question que tu te poses forcément en réalisant qu'il te reste une semaine et demi de vacances : qu’y a-t-il à faire en Norvège, au cœur de l'hiver, avec pour ainsi dire pas d’argent (puisque tout est inabordable, ici) ? Sur le sujet, je suis formel : rien. Absolument rien, à moins d'avoir un peu d'imagination et de s'émerveiller de pas grand chose. En la matière, on a fait plutôt fort : on est allé participer à une soirée jeux de société organisée par la communauté Couchsurfing locale ! Non, non, c'est pas une blague...

Je reconnais qu'aller jusqu'à Oslo pour jouer à Risk, ça peut sembler un peu ridicule, pour ne pas dire complètement absurde. Mais, en réalité, le jeu, c’est universel et bien souvent le meilleur moyen de se faire des copains. Du coup, avant la fin de la soirée, on avait trouvé deux hôtes pour nous héberger aussi longtemps que nécessaire et un guide pour nous conduire à travers la ville ! Mention spéciale à Stein, épicurien quinquagénaire qui nous aura offert l'hospitalité, moult spécialités locales et d’inoubliables histoires de voyage. La belle rencontre de ces premiers jours, qui valait bien toutes les aurores boréales du monde.

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Oslo

Bergen, le joyau norvégien

Après l'expérience osloïte et un petit tour dans le Lonely Planet, nous décidons de notre prochaine destination : Bergen, sur la côte ouest. Cette ville revêt le triple avantage d'être décrite comme la « plus belle ville d'Europe », desservie par la « plus belle voie ferrée du monde » et nichée au cœur des « plus beaux fjords du monde ». Trois fois « plus beau » dans la même phrase, faut bien dire que ça en impose – surtout avec l'inscription au patrimoine mondiale de l'UNESCO pour crédibiliser la chose. Donc toi, touriste naïf, tu fonces.

Alors pour le train à travers les montagnes, je ne dis pas, les paysages sont plutôt sympas, du moins quand tu vois à plus de trente mètres entre deux tempêtes de neige. Concernant les fjords, c'est pareil, je ne doute pas qu'ils soient effectivement majestueux, mais on n'avait pas réalisé qu'il faudrait les explorer en bateau (qui ne tourne évidemment qu'en été). 

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The train

Restait donc la ville... Là, je reste aujourd'hui persuadé que le Lonely Planet a confondu le Bergen norvégien avec un homonyme grec ou portugais, parce que franchement, la « plus belle ville d'Europe », c'est pas celle où on est passé ! Pas que ce soit spécialement moche, hein, mais outre le vieux marché de Bryggen et un petit quartier de maisonnettes en bois, ça casse pas trois pattes à un canard non plus. Du coup, on peut le dire, les premiers jours ont été vachement longs et carrément décevants.

Encore une fois, le salut nous sera venu du Couchsurfing, en l'occurrence de la communauté étudiante brésilienne de la ville. Grâce notamment à Eleonore et Paulo, on a pu quitter l'auberge de jeunesse hors de prix où l’on avait élu domicile et passer quelques jours extraordinaires. Pas qu’on ait pu faire grand-chose de spécial, mais avec des inconnus du bout du monde, les tous petits riens prennent très vite des proportions incroyables. Malgré la frustration d’être passé à côté des merveilles naturelles qu’a à offrir la Norvège, voilà qui aura clairement été la leçon de ce petit trip nordique : les rencontres, c’est ça qui compte. Le reste est superflu. Il faudra que je tâche de m’en souvenir.

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Bergen

Stokholm et synthèse alexandrine

Avant de rentrer en France, nous avons décidé de passer encore quelques jours dans la capitale suédoise. Non, pour être tout à fait exact, on n’a pas vraiment eu le choix puisqu’on avait connement pris nos billets retour depuis Stockholm – sans quoi, perso, je serais bien resté en Norvège jusqu’au bout. Après s'être habitués à la relative douceur côtière de Bergen, le véritable froid de l'intérieur des terres scandinaves est difficile à encaisser. Surtout que là encore, les possibilités d’activités sont réduites et, contrairement aux jours précédents, la chance ne nous aura pas autant souri en matière de rencontres. Comme quoi, le Couchsurfing, ça ne marche pas à tous les coups. Ayant d’ailleurs prévu de « couch-surfer » autant que possible pendant le tour du monde à venir, j'aurais sans doute pu ou dû commencer à paniquer un peu après les multiples refus à mes dizaines de demandes. Mais comme on m'a ensuite expliqué que Stockholm était l'une des villes du monde où il est le plus compliqué de trouver un hôte – rapport avec la petite taille des appartements et la « flemme » des gens, paraît-il –, j’ai décidé de rester optimiste pour l’avenir. « Ne t’inquiète pas », m’a-t-on dit. Alors je ne m’inquiète pas.

C’est donc sans guide local que nous avons procédé à la découverte de Stockholm, à commencer par son cœur historique, Gamla Stan. Essentiellement localisé sur une petite île au centre de la ville (qui en compte au total quatorze reliées par cinquante-sept ponts, d'où son surnom de Venise du Nord), le quartier est constitué de petites rues pavées ponctuées de bâtiments millénaires. En prenant soin d'éviter les artères principales tapissées de boutiques souvenir pour préférer les petites ruelles perpendiculaires beaucoup plus charmantes, on peut facilement se balader quelques heures sur l'île malgré sa petite taille, si bien qu’en général, c'est surtout le froid qui te rappelle qu'il est temps de mettre les voiles. 

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Stockholm

Pour conclure cet article et résumer l’expérience de l’hiver scandinave, j'avais d'abord écrit un petit bilan synthétique dans lequel je t'expliquais que ça avait été une chouette expérience, mais qu'objectivement il valait quand même mieux s'y rendre en été pour moult bonnes raisons. Un petit paragraphe tout bien, tout propre, clair et concis. Là dessus, on s'est rendu compte que notre vol retour décollait à 7h du matin et que le dernier bus pour l’aéroport, qu’on allait donc devoir prendre, partait la veille à 17h. Alors, les séquelles sont sans doute différentes pour chaque individu, mais personnellement quand tu m'accroches à une chaise dans un hangar Ryanair pendant quatorze heures consécutives sans connexion internet, livre ou jeu de carte, j'ai découvert que ça me rendait poète. Je te laisse donc apprécier ci-après la nouvelle version de ladite petite synthèse.

Pour pouvoir apprécier tous ces pays nordiques,


Vas y pendant l'été et amène tout ton fric.


D'abord, à l'évidence, il y fera moins froid,


Et pendant les vacances, c'est quand même plus sympa.





Tu pourras profiter sans aucune frustration,


De toute activité, nature et distraction.


Mille choses sont à faire, ballades et randonnées,


Respire le grand air, à toi la liberté !





Par contre, pas de mystère, les aurores boréales,


Ne sont là qu'en hiver, et là, le froid fait mal.


Rares et imprévisibles sont les lumières des cieux,


Si tu atteins ta cible, considère toi chanceux !





Mais, ai-je envie de dire, que tu voies tout ou rien,


Les meilleurs souvenirs restent les échanges humains.


En conclusion, ami, en hiver, en été,


Monte en Scandinavie et tu vas t'éclater !

Alors, prix Nobel de poésie ou pas ?

Rédigé par Pierre

Publié dans #Norvège, #Suède

Commenter cet article

Pierre 03/02/2014 14:18

Merci pour vos messages ! Continuez, continuez ;)

JP 31/01/2014 23:26

Si je fais le compte, tu as perdu 3 orteils, 1 bras et quelques doigts dans ce pays. Ton intégrité, Pierre, préserve ton intégrité ! J'ai fait un petit tour d'une semaine en Norvège il y a 2 décennies environ. C'était en mai et j'en garde un très bon souvenir ; faudra que t'y retourne un de ces jours... A part ça, j'adore ton style. Se deg snart.

Toncha 30/01/2014 18:14

Au moins les toffy pops t'ont tenu chaud ! :)

Françoise 30/01/2014 18:07

Tu parviens (grâce à tes écrits) à rendre cet endroit du monde, pourtant glacial, bref "nord-mer-dique", en un endroit sympathique. Tu me laisses imaginer le meilleur pour la suite de ton grand voyage ! Super !!! Continue à me faire rêver et sourire. Chaudes bises, bien que hivernales.

Eve 30/01/2014 14:50

Les photos sont belles ! la suite ! la suite !!! bisous !

Sabi 30/01/2014 11:29

Hâte de lire la suite :-)