Suite et fin du tour de France

Publié le 28 Février 2014

Mon petit tour de France m’aura encore conduit successivement dans la région de Bordeaux, en Bretagne et dans les Alpes. Toujours rien de très exotique, mais patience, le grand départ approche. En attendant je t’emmène avec moi dans ces belles contrées, quitte à jouer encore un peu les catalogues touristiques.

Escale girondine

Première escale chez Basile, mon pote de toujours, qui a depuis peu élu domicile à Bordeaux. Ça fait un moment que j'entends beaucoup de bien au sujet de la ville mais n'avais encore jamais eu l'occasion d'y mettre les pieds. C'est maintenant chose faite et je peux confirmer qu’elle n'a pas volé sa prestigieuse réputation. Ceci dit, si la ville est effectivement très belle, l'office du tourisme omet généralement de t'informer que t'es aussi dans l’un des coins les plus pluvieux de France ! Il parait qu'on s'y habitue. Ou pas.

Plan de Bordeaux

Plan de Bordeaux

Etant donné qu'en ce moment Basile a à peu près autant d'obligations que moi, on a eu le temps de se balader un peu dans la région. Pour changer, il pleut, mais quoi qu'il en soit dans le coin, si tu attends le soleil, tu ne sors jamais. Alors on est partis, direction le bassin d'Arcachon, à commencer par la dune du Pilat. Si tu te demandes comment elle s'est formée, sache que c'est le vent qui arrache depuis des siècles le sable émergeant du banc d'Arguin pour le déposer sur la dune. Et si tu te demandes ce qu'est le banc d'Arguin, tu fais comme moi, tu cherches sur Wikipedia… Comme le GPS n'a pas été foutu de nous trouver l'entrée officielle par laquelle tu accèdes à l'escalier qui monte progressivement au sommet, on s'est tapé l'ascension par le versant le plus escarpé (trois jours de courbatures aux cuisses en prime), le tout sous une pluie battante en se cramponnant au parapluie. Et s'il s'agit d'un site des plus touristiques en été, il n'y a manifestement pas un chat en hiver, de surcroit les jours de pluie – qui donnent à l’arrière-pays des airs post-apocalyptiques. Le sable est immaculé, et ça c'est plutôt chouette. Sinon, à part ça, je te la fais courte : petit tour au cap Ferret, tempête alerte orange dans la tronche, bonne rigolade les pieds dans l’eau. Voilà.  

La dune du PilatLa dune du Pilat
La dune du PilatLa dune du PilatLa dune du Pilat

La dune du Pilat

Mais si l'océan déchainé te fait un peu peur, il y a aussi des trucs sympas à visiter à l'intérieur des terres. Et dans la grande famille des petits patelins mignons où il fait bon déambuler, Saint-Emilion tient une place de choix. Niché au cœur des vignobles, ce village médiéval est constitué de maisons de pierres blanches, étroites ruelles pavées et petites placettes cachées. Tout comme j’aime. Et outre qu’il soit joli et porte un nom qui attire à lui seul un flot quotidien de bus de chinois avec des iPad, c’était l’occasion d’aller picoler un peu. Tiens, ça faisait longtemps que j’avais pas parlé d’alcool, moi…

Enfin, après mon escapade dans les Catacombes parisiennes, je ne pouvais pas passer sous silence la découverte fortuite des souterrains de Saint-Emilion. Au hasard d'un chemin en périphérie du village, nous tombons sur une ouverture mal grillagée. Titillés par une curiosité aventurière, nous nous empressons d'allumer nos torches (de téléphones portables) pour nous lancer témérairement dans l'obscurité. Ça a beau être moins grandiose que sous la capitale, quand tu avances sans guide en milieu inconnu, tu as quand même vachement plus l'impression d'être Indiana Jones. Je ne vais pas épiloguer cent ans, mais on est quand même ressorti au milieu du village, au pied de la vieille Tour du Roy, à un endroit théoriquement inaccessible pour le commun des mortels. On aurait trouvé un trésor, c'était pareil, de vrais gamins...

Saint-EmilionSaint-Emilion
Saint-EmilionSaint-EmilionSaint-Emilion
Saint-EmilionSaint-Emilion
Saint-EmilionSaint-Emilion

Saint-Emilion

Une mystérieuse chapelle bretonne

Maintenant, direction la Bretagne, où je suis allé rendre visite à Coralie. Sans rentrer dans le détail de toutes les merveilles que recèle la région, il est un site particulièrement chouette que j’avais envie de te présenter. Si je fous rarement les pieds dans les églises, je n’en aime pas moins admirer leurs vieilles pierres moyenâgeuses. Alors quand on nous parlé d’une ancienne chapelle nichée au cœur d’un mystérieux site enchanteur, sans vouloir nous en dire beaucoup plus, il faut avouer que ça a légèrement titillé ma curiosité. Alors ni une ni deux, on a pris la route, direction Le Faouët (petit village du Morbihan au nom plutôt amusant pour peu que tu n’oublies pas de prononcer le « t » final comme il se doit).

L’objet de notre attention se situe à l’extérieur du village, sur les hauteurs, à l’orée de la forêt qui s’étend en contrebas. Des arbres, tu ne vois d’abord que ça. Et puis soudain, juste devant toi, apparaissent timidement un toit, des petites tourelles, puis un monumental escalier. Mais comment est-ce possible ? La chapelle semble construite sous terre ! En réalité, en t’avançant encore un peu, tu te rends compte que le bâtiment est érigé en plein sur le versant de la colline, à l’ombre d’un immense rocher, une véritable petite falaise pour ainsi dire. Elle est tellement proche qu’en prenant un peu d’élan tu pourrais certainement sauter sur le toit ! Mais comme tu es un être tout à fait raisonnable, c’est en empruntant le grand escalier, qui semble taillé dans la roche, que tu peux descendre jusqu’aux portes de la fameuse chapelle Sainte Barbe. 

Chapelle Sainte-BarbeChapelle Sainte-BarbeChapelle Sainte-Barbe
Chapelle Sainte-BarbeChapelle Sainte-BarbeChapelle Sainte-Barbe

Chapelle Sainte-Barbe

En plus de ça, la forêt qui l’entoure est tout aussi enchanteresse : le taux d’humidité doit avoisiner les cent pour cent, les arbres et les rochers sont recouverts d’une épaisse mousse qui prend une teinte blanchâtre avec le reflet des quelques rayons de soleil parvenant à pénétrer jusque là. Tout ça semble presque magique, tu t’attends à chaque instant à voir apparaître un druide ou une licorne... Bref, tu l’auras compris, le site est particulièrement majestueux et envoutant. Mais comment cet édifice religieux a-t-il bien pu se retrouver en ce lieu incongru ? Je ne peux garantir la véracité des faits, mais je vais te le vendre tel qu’on me l’a vendu…

La forêt enchantéeLa forêt enchantéeLa forêt enchantée

La forêt enchantée

On raconte – et par « on » j’entends bien sûr l’Office du Tourisme – qu’à la fin du XVème siècle, le seigneur Jean de Toulbodou avait quitté son manoir pour aller chasser lorsqu’il se fit surprendre par un orage d’une rare violence. Les gigantesques rochers qui l’entouraient étaient frappés par la foudre et des quartiers entiers de pierre se détachaient de la paroi pour s’écraser à ses cotés. Gagné par une extrême frayeur et voyant sa fin approcher, Jean pria Sainte Barbe, ordinairement invoquée pour se protéger de la foudre, lui promettant si elle le sauvait de lui ériger une chapelle en ce lieu. Sur ces mots, l’orage pris soudainement fin et, fidèle à sa promesse, le seigneur entreprit donc la construction de l’édifice en cet endroit si exigu. Cool la légende, hein ? Enfin, heureusement que tout le monde ne construit pas une église chaque fois que la pluie s’arrête de tomber quand même, ça pourrait vite devenir compliqué…  

Au dessus des sapins

Pour la dernière étape de mon petit tour de France préparatoire, j’avais envie de retourner un peu à la montagne. Alors comme Justine et Max – fraichement rentrés de leur propre voyage autour du monde – avaient un bon plan pour se loger quasi-gratuitement dans les Alpes, on est allés s’oxygéner en altitude. J’insiste sur ce mot d’ailleurs, altitude, parce que pendant quatre jours, je n’ai eu qu’un seul objectif en tête : monter au dessus des sapins ! Bah oui, la rando c’est sympa, mais si c’est pour rester dans la forêt, tu peux aussi bien te balader dans le bois derrière chez toi, la vue sera à peu près la même… Moi, je voulais du sommet enneigé, je voulais du piton rocheux, je voulais du massif montagneux à perte de vue. J’ai donc soûlé tout le monde pour qu’on monte se promener le plus haut possible !

Grimper au sommet du Mont-Blanc aurait été un peu compliqué au mois de mars, mais, en termes de végétation, l’étage alpin – vierge de tout arbre – commence vers les deux mille deux cents mètres d’altitude. Et pour peu que les résineux de l’étage subalpin soient peu nombreux et relativement clairsemés, on peut profiter d’une vue dégagée dès mille cinq cents mètres. Dans ces conditions, Maxime n’a pas tardé à nous trouver un petit coin sympa, au dessus du village de Mont-Saxonnex. Passés les derniers arbres, il ne reste que la roche, la neige et un silence assourdissant. Tracer son chemin en raquettes dans une poudreuse immaculée, c’est vraiment génial, tu as un peu l’impression de voler…

Les Alpes enneigéesLes Alpes enneigéesLes Alpes enneigées
Les Alpes enneigéesLes Alpes enneigées
Les Alpes enneigéesLes Alpes enneigées
Les Alpes enneigéesLes Alpes enneigées

Les Alpes enneigées

Rédigé par Pierre

Publié dans #France

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Katia 13/02/2014 01:20

Excellent. Je te reconnais bien dans tes commentaires!

Alex 12/02/2014 19:13

Je kiiiiiiiiiiffe! j'espère que tout se passe bien pour toi Pierrot! Ton blog déchire, continue de l'alimenter!
Et si t'es encore avec BrASILE fais lui un bisous de ma part!

Pierre 12/02/2014 22:43

Merci l'ami, ton message me fait bien plaisir ! J'ai hâte d'être vraiment sur les routes pour avoir des articles encore plus intéressants à partager... A bientôt ;)