Arrivée mémorable en Russie

Publié le 6 Juin 2014

Après une courte mais fort sympathique escale à Riga, me voici une nouvelle fois à chercher mon bus tandis que le soleil éclaire la ville de ses derniers rayons. Encore une belle nuit qui s’annonce. Mais cette fois, plus de détour : direction Saint-Pétersbourg !

Coup d'oeil sur RigaCoup d'oeil sur Riga
Coup d'oeil sur RigaCoup d'oeil sur Riga

Coup d'oeil sur Riga

Une heure pour un tampon

Alors que j’ai finalement réussi à trouver une position pas trop dégueu pour somnoler quelques minutes, je suis tiré de ma torpeur par un très agréable secouage d’épaule dont seuls les policiers virils et contrôleurs de train ont le secret. Je retire rapidement mes boules Quiess en jetant un coup d’œil à l’horloge du car. Cinq heures vingt, on doit être à la frontière. « Passeport ! » Ok, c’est bien ça, on est à la frontière. Et le type en uniforme aimable comme une porte de prison, ça doit être une constante internationale.

Une fois qu’il a fait le tour du bus, le bonhomme s’en va avec les papiers de tout le monde. J’aime pas trop ça, je sais qu’il vaut mieux ne jamais quitter son passeport des yeux, surtout dans un pays comme la Russie où la corruption est un véritable fléau. En même temps, on est trente et je le vois mal essayer d’entuber tout l’équipage. Le stress commence néanmoins à monter et je suis maintenant parfaitement réveillé. Lorsque le douanier revient quelques minutes plus tard pour nous rendre nos précieux documents, je suis soulagé d’en avoir terminé avec les formalités…

Mais à peine quelques centaines de mètres plus loin, nouvelle barrière. Fait chier. Les uniformes ont changé de couleur et je réalise que, pour l’instant, on est seulement sorti du territoire estonien. Pour l’entrée en Russie, tout reste à faire. Et revoilà mon ulcère. « паспорт ! » Molo, garçon, j’ai compris, voilà mon passeport… Environ une plombe et demi plus tard, le moteur du bus redémarre. Mais on n’a toujours pas de tampon sur nos visas et je sens qu’on n’est pas encore tout à fait sortis du sable.

Boum, nouveau contrôle. Là, tu te dis que Schengen c’est quand même plutôt chouette comme truc. Le chauffeur décroche son micro et commence à baragouiner quelque chose en russe. Je ne bite évidemment pas un mot, mais comme tout le monde descend sans broncher, je suis le troupeau. File d’attente pour contrôle individuel, génial. Je me rappelle le stress au poste frontière américain et je commence à prier pour qu’on ne m’impose pas le même interrogatoire. En anglais j’étais déjà pas bien jouasse, alors en russe… Heureusement, la nana se contente d’un simple coup d’œil au passeport avant de me fixer quelques secondes. Elle a l’air convaincue, j’ai mon tampon. C’est pas dommage…

Tamponnage en bonne et due forme

Tamponnage en bonne et due forme

Après un ultime contrôle un peu plus loin – apparemment, il y a donc ici des mecs qui vérifient le travail des mecs qui vérifient le travail des mecs qui contrôlent les passeports, au cas où – nous quittons enfin la ville d’Ivangorod et reprenons la route. Plus d’une heure pour passer la frontière, bienvenue en Russie.

Perdu dans Saint-Pet’

Deux heures et cent cinquante kilomètres plus tard, Saint-Pétersbourg est finalement à l’horizon. Je sais qu’il y a deux gares routières, il ne faut pas que je me trompe. Le chauffeur me confirme que je dois descendre ici, comme tout le monde semble-t-il, alors je m’exécute, confiant. Dans un quart d’heure, à moi l’auberge, la douche et le lit douillet.

Suivant l’extrait Google Maps que j’ai pris le temps de préparer sur mon téléphone à Riga, je me lance vers le nord, conquérant. Je m’étonne que la place de la gare ne soit pas telle que je l’avais repérée, mais il a dû y avoir des travaux, probablement. Sauf que la rue n’est pas orientée tout à fait comme il faut non plus. Bizarre, ma boussole doit déconner. Mais pourquoi il y a une rivière ici ? Il ne devrait pas y avoir de rivière. Bon, je te la fais courte, après quelques allers retours désespérés, j’ai bien dû me rendre l’évidence : j’étais déjà perdu.

Ça se voit que je suis soûlé à ce moment là ?

Ça se voit que je suis soûlé à ce moment là ?

Le souci, c’est qu’on n’est plus dans une gentille petite ville toute mignonne où il suffit de suivre son flair pour retrouver le centre en quelques enjambées. Tout est gigantesque, ça bouge dans tous les sens, j’en ai presque le tournis. Plus moyen de suivre un panneau non plus (à défaut de parler russe, j’aurais vraiment dû apprendre à déchiffrer le cyrillique). Par chance, je tombe sur un plan de la ville près d’une bouche de métro. Mais par malchance, mon auberge n’est même pas sur cette portion de carte, indiquant pourtant une échelle de plusieurs kilomètres. Ascenseur émotionnel. Là, c’est l’instant critique où vaut mieux pas paniquer. Heureusement que j’aime plutôt bien ce genre de petits défis.

Il me faut un plan complet. Ou mieux, un accès à internet. Sauf qu’ici, les McDo et autres Starbucks ne courent pas les rues et il est compliqué de distinguer un coiffeur d’un garagiste. Toujours rapport à ce putain d’alphabet. Reconnaissant dans une vitrine la pub du dernier ordinateur Apple, je finis par entrer dans une boutique informatique. Sauvé ! Enfin, presque, parce qu’après vérification, je suis toujours à plus de cinq kilomètres de mon auberge. Bonjour les ampoules, ça faisait longtemps.

Arrivé à destination, je comprends pourquoi cet hôtel est le moins cher de la ville. Je ne suis pas sûr que j’aurais osé m’engager dans cette ruelle s’il n’y avait pas eu autant de passage. Sur le net, parfois tu trouves des bons plans, parfois des plans foireux. Il fait une chaleur à crever et la baraque entière vibre toutes les deux minutes au passage des trains qu'on entend comme si on était dedans. Et comme j’ai accidentellement réservé dans une chambre à quatorze lits en croyant qu’on serait tranquilles à quatre, le tableau est complet ! Ah, que serait le voyage sans tous ces petits désagréments…?

Le tiers-monde à Saint-Peterbourg (mon auberge étant l'escalier bleu au milieu)

Le tiers-monde à Saint-Peterbourg (mon auberge étant l'escalier bleu au milieu)

Rédigé par Pierre

Publié dans #Russie

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Eve 12/06/2014 10:53

OMG !!!!!! Pauvre Pierrot ! enfin, tu m'auras quand même bien fait rire ! allez, je file lire l'autre article !

christophe 07/06/2014 09:04

waouh l'hotel.... et en plus il n'y a pas la vue sur mer !

Pierre 07/06/2014 15:42

Vue sur le quai n°8 de la gare en fait !

Michel 06/06/2014 20:55

Tu es très bien sur la photo. On voit bien que tu es soûlé !
A la vodka ?
Поцелуи

Marrainelol 07/06/2014 16:15

Мы также, авантюрист мира !!

Michel 07/06/2014 16:09

слишком

Pierre 07/06/2014 15:44

Обнимаю тебя.

Marrainelol 07/06/2014 14:12

Поцелуи +++ :-)

Marrainelol 06/06/2014 18:28

веселящий газ = Traduction "LOL" !!! Comme le dit Tata Froussy, ça nous fait "marrer" ! Toujours des aventures très originales et amusantes... enfin quand on les vit de loin ;-) On est trop contents de te suivre... Et encore un grand merci d'avoir pensé à moi pour mon D-Day ! Gros bisous A+

Françoise 06/06/2014 17:02

Tu te souviens ? C'était il y a environ deux mois : "De mon coté, je veux de la galère, de l’imprévu, du rocambolesque. Parce que je reste persuadé qu’a posteriori ce sont les emmerdes qui font les meilleurs souvenirs. Alors ne me souhaite pas que tout se passe bien et prie plutôt pour qu’il m’arrive quelques bricoles. Ça te fera marrer quand je te les raconterai…"
Et bien, BINGO : ça me fais marrer !!!!!!!!!
Bisous

Pierre 07/06/2014 15:41

Je ne me permettrais pas de rire, je te rassure ;)

Françoise 07/06/2014 10:11

oups! double oups !!! ça me fait marrer !
tu as le droit de rire, Pierre, si tu vois ce que je veux dire !
biz