Soirée inattendue à Karakorum

Publié le 29 Juillet 2014

Voilà un petit moment que je ne t’ai plus donné de nouvelles, et pour cause, je n’ai pas fait grand-chose ces derniers temps. Ou plutôt si, j’ai fait plein de trucs, mais rien de bien épique qui mérite que j’écrive un article spécifique. Pour faire court, suite à mon passage à la ferme, j’ai repris la route d’Oulan-Bator où m’appelaient quelques formalités administratives. Le retour en ville aura surtout pris la forme de sympathiques retrouvailles, avec Begz et sa famille d’abord, Frizzette et Isabelle ensuite, et Nara enfin, ma nouvelle amie mongole rencontrée pendant le Naadam. Un musée par-ci, une soirée salsa (à la sauce mongole) par-là, quelques temples à droite à gauche et un soupçon de sieste... Les jours ont défilé à une vitesse phénoménale, rythmés par une succession de changements de plans plus ou moins foireux qui nous auront finalement conduits à prendre la direction de Karakorum.

Nous voici ainsi arrivés dans la capitale du plus vaste empire que le monde ait jamais connu, fondée dans la première moitié du XIIIème siècle par le mythique Gengis Khan, super-héros national dont on retrouve l’effigie à peu près partout dans le pays. Présenté de cette façon, ça envoie du steak. Mais en réalité, la ville n’aura pas gardé longtemps du prestige de ses premiers jours, puisqu’elle sera définitivement rayée de la carte en 1380 après seulement cent cinquante ans d’existence. De l’époque du Grand Etat Mongol, il ne reste donc rien. Absolument rien. Karakorum se résume désormais à un gros village de cabanes et de yourtes, à l’image de n’importe quelle autre bourgade mongole. Autant dire que venir ici aujourd’hui n’a rien du voyage dans le temps que tu pourrais faire à Rome ou Istanbul sur les traces d’autres grands empires disparus…

Karakorum depuis les collines qui l’entourent Karakorum depuis les collines qui l’entourent Karakorum depuis les collines qui l’entourent
Karakorum depuis les collines qui l’entourent

Karakorum depuis les collines qui l’entourent

Il n’en reste pas moins que la région n’est pas dénuée d’intérêt. Déjà, parce que la ville a su préserver un petit ensemble de temples fort sympathique, daté du XVIème siècle. Nous aurons l’occasion d’y assister à une cérémonie de chants liturgiques bouddhiques et de recroiser le Monsieur Sourire assis à coté de moi dans le bus, qui se révèlera n’être autre qu’un moine pourfendeur de mauvais esprits.

Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum
Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum
Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum
Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum

Les temples survivants d’Erdene Zuu, seul attrait touristique de Karakorum

Au delà de ça, l’objectif premier de notre venue à Karakorum étant de se mettre un peu au vert après plusieurs jours à sniffer la pollution atmosphérique d’UB, l’intérêt de la région réside essentiellement dans les grands espaces qu’elle a à offrir. Même si quatre-vingt-dix pour cent du pays se ressemble quand même pas mal, le coin est particulièrement joli, surtout en s’éloignant un peu du village pour grimper dans les montagnes. En poussant suffisamment loin – comprendre deux heures de voiture à travers cols et rivières sur piste défoncée voire totalement absente –, il est possible de se rendre jusqu’à un temple bouddhiste accroché à son piton rocheux de manière singulièrement esthétique.

L’ascension de ce dernier offre une vue imprenable sur toute la région et semble par ailleurs constituer une sorte de pèlerinage pour nombre de visiteurs mongols (nous sommes quasiment les seuls étrangers ici). A voir le nombre de vieillards, femmes enceintes ou bébés sous le bras de leurs parents se lançant dans la périlleuse escalade – le terme n’étant pas exagéré compte tenu des vingt-cinq mètres de falaise abrupte à franchir –, l’importance de la chose ne doit assurément pas être négligeable. 

Le temple de Tovkhon Khiid et son rocher
Le temple de Tovkhon Khiid et son rocher Le temple de Tovkhon Khiid et son rocher Le temple de Tovkhon Khiid et son rocher
Le temple de Tovkhon Khiid et son rocher Le temple de Tovkhon Khiid et son rocher

Le temple de Tovkhon Khiid et son rocher

Néanmoins, ce qui restera éternellement comme le souvenir de Karakorum sera sans conteste la folle soirée totalement inattendue qu’on aura eu la chance d’y vivre. Partie se balader en début de soirée, Isabelle est invitée à boire un coup par un groupe de jeunes citadins venus passer le week-end à la campagne, et que Frizzette et moi-même nous empressons de joindre à notre tour. Difficile de relater l’excitation d’une soirée à celui qui ne l’a pas vécue, mais ça aura vraiment été un sans faute.

Après nous avoir enseigné leur jeu d’alcool faisant office d’apéritif – une espèce de shifumi amélioré où le perdant doit s’enfiler un plein bol d’aïrag, le célèbre lait de jument fermenté – il est temps de démarrer le barbecue. Plus précisément, c’est en balançant dans un wok plein de viande de nombreuses pierres brulantes tirée du feu de camp que l’on cuisine par ici. Et en attendant que le mouton ait fini de mijoter, pourquoi ne pas se faire quelques rounds de lutte traditionnelle ? Je me suis évidemment fait plier en deux, mais quel plaisir de pouvoir enfin pratiquer ce sport national !

Le repas terminé, quoi de mieux pour digérer que de pousser un peu la chansonnette ? Le mongol aime faire vibrer ses cordes vocales et, bière aidant, ne manque pas une occasion de le faire. Alors après quelques vocalises extérieures, le soleil commençant à se faire discret, la joyeuse troupe décide donc de migrer jusqu’au karaoké-club. De là au danse-floor, il n’y a désormais plus qu’un pas qui sera rapidement franchi ! J’avais prévu de me coucher tôt, mais c’est pas grave, je dormirai demain…

Soirée de folie avec les copains mongols Soirée de folie avec les copains mongols Soirée de folie avec les copains mongols
Soirée de folie avec les copains mongols Soirée de folie avec les copains mongols Soirée de folie avec les copains mongols
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Soirée de folie avec les copains mongols

Rédigé par Pierre

Publié dans #Mongolie

Commenter cet article

Alex 11/08/2014 18:41

Yo Agent Berguer, ça faisait un bail que je ne suis pas venu sur ton blog prendre de tes nouvelles. J'ai prit mon pied à lire tes derniers articles, en espérant que la suite de ta "mission" continuera à te/nous faire rêver, take care @+
PS: Joyeux anniversaire en retard (oui en Occident on néglige ses amis c'est une vertue bien connue ^^)

Pierre 12/08/2014 07:17

Merci agent Gelrau, mais en occident comme en orient mon anniversaire n'est que demain donc pas de panique ! Du coup, t'es le premier, et en avance ;) Take car buddy !

Katia 29/07/2014 23:08

Ah! Tu m'as manqué! Que de belles rencontres et de bons moments! Par contre, je commence a m'inquiéter pour ton foie! Tiendra t-il longtemps a ce rythme?!?

Marrainelol 31/07/2014 18:13

Oups... beaux ;-)

Marrainelol 31/07/2014 09:35

Ta réputation est faite LOL Très beau ces paysages montagneux et ce monastère en bois peint ! Bonne continuation :-) Bisous

Pierre 31/07/2014 03:40

Dans le jargon, on appelle ça un traquenard... Mais, qu'on se le dise, ce n'est pas parce que je parle de picole dans un article sur deux que je passe mon temps à boire ! A moins que... (prise de conscience ?!)

Hugues 30/07/2014 19:24

Ça ne m'inquiète pas, il est parti de Strasbourg avec un bon entrainement...

tataloltte 29/07/2014 14:17

(Contente de te retrouver)Eclectique serait l'adjectif qui me convient ce coup ci !De la campagne mongole au ciel féerique à la disco karaoké,étonnante soirée ! Je dois avouer que les temples bouddhistes me donnent des envies d'ailleurs ......