A la découverte du Tibet oriental

Publié le 19 Août 2014

Note à moi-même : ne plus jamais réserver de billet en classe « debout » quand j’ai vingt-et-une heures de train devant moi. Presque une journée entière assis dans l’allée sur son sac-à-dos, voire couché à même le sol sous les sièges des autres passagers, c’était moyen-bof comme idée…

Voilà à peu près à quoi je ressemblais...

Voilà à peu près à quoi je ressemblais...

Qu’importe, me voici arrivé à Xining, dans la province du Qinghai, porte d’entrée du Tibet historique (qui s’étendait jadis bien au delà de la province actuelle). Faute d’avoir pu obtenir un permis pour me rendre à Lhassa, c’est donc dans les montagnes de la partie orientale de l’aire culturelle tibétaine – toujours accessible librement aux étrangers – que j’ai décidé de venir me balader pendant quelques jours. En solitaire (Frizzette étant resté à Pékin) et complètement à l’arrache (sans réservation ni itinéraire). A l’aventure.

La rupture est aussi brutale que lors de mon arrivée à Pékin depuis la Mongolie au début du mois. Les faciès ont encore bien changé. La majorité de la population ne parle même pas mandarin. La capitale est bien loin… On me regarde avec beaucoup plus de curiosité que d’habitude, on me pointe du doigt, on se retourne sur mon passage. La région ne voit pas passer des masses d’occidentaux. Mais cette curiosité semble toujours bienveillante, à en juger par les sourires et les « hello » dont on me gratifie systématiquement. 

Les petites vieilles et les gamins, mes meilleurs copains !Les petites vieilles et les gamins, mes meilleurs copains !Les petites vieilles et les gamins, mes meilleurs copains !

Les petites vieilles et les gamins, mes meilleurs copains !

Tongren, Xiahe, Langmusi… Les villes et villages s’enchainent et nourrissent chaque fois le même émerveillement, le contact avec la population me permettant de découvrir une culture immensément riche.  L’un des aspects les plus importants semble être l’art des thangkas, ces peintures sur toile si caractéristiques (notamment parce qu’elles servent généralement à illustrer le mot kitch dans les dictionnaires). Il semble que les maitres incontestés, chez qui on vient se fournir depuis Lhassa, travaillent encore dans les petits villages entourant Tongren. Les bougres ne payent souvent pas de mine, mais se révèlent être des artistes à la patience infinie. Les plus grandes pièces peuvent nécessiter plus d’une année de travail, à trois ou quatre peintres simultanés, et se vendre des dizaines de milliers d’euros !

Les artistes au travail (et pour le coup, ce ne sont pas les thangkas les plus kitchs de la collection).Les artistes au travail (et pour le coup, ce ne sont pas les thangkas les plus kitchs de la collection).
Les artistes au travail (et pour le coup, ce ne sont pas les thangkas les plus kitchs de la collection).Les artistes au travail (et pour le coup, ce ne sont pas les thangkas les plus kitchs de la collection).

Les artistes au travail (et pour le coup, ce ne sont pas les thangkas les plus kitchs de la collection).

Les monastères sont omniprésents et gigantesques, constituant de véritables villages (de moines) à l’intérieur des villes. Je ne me lasse pas de regarder les fidèles effectuer la kora, ce pèlerinage qui consiste à marcher autour de l’enceinte du monastère en activant inlassablement toutes les roues de prière, dont les grincements résonnent déjà avant l’aube et jusque tard le soir. Leur ferveur est impressionnante, il doit falloir au moins deux heures pour faire le tour du monastère de Labrang et mettre en mouvement chaque rouleau finit par demander un effort énorme (j’ai personnellement essayé, pour le principe, mais ai abandonné au bout de cent mètres avec une crampe au biceps droit).

Par ailleurs, je reste toujours un peu choqué par les réaménagements dégueulasses dont ils font l’objet : coups de peinture hasardeux, câbles électriques tirés à la va-vite d’un toit à l’autre… Je ne peux m’empêcher de me dire que, quand même, on se démerde un peu mieux pour conserver le caractère « ancien » de nos vieilles églises. Mais le fait est que si nous voyons nos édifices religieux comme des reliques d’un passé révolu – et donc à protéger –, les temples de cette région du monde ont un caractère on-ne-peut-plus actuel. La vie y continue son cours à peu près comme durant les siècles passés, et il n’y a donc aucune raison de laisser la peinture se défraichir. Vu sous cet angle, ça a du sens. Quitte à être bien moche par endroits… 

Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.
Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.
Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.
Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.

Les monastères de Tongren et Labrang comptent parmi les plus grands de la région.

La contrée est bien sûr également un paradis pour randonneur, comme ici à Langmusi, à plus de trois mille cinq cents mètres d’altitude, où l’ascension des falaises surplombant le village vaut quelques points. Le plaisir éternel de découvrir un point de vue grandiose au terme d’une grimpette difficile est ici amplifié par le chant des drapeaux colorés virevoltant au vent, desquels ce-dernier est supposé emporter vers les cieux les prières qui y sont inscrites.

Une petite rando comme on les aime...Une petite rando comme on les aime...
Une petite rando comme on les aime...Une petite rando comme on les aime...Une petite rando comme on les aime...

Une petite rando comme on les aime...

Et pour relier tout cela, restent de longues journées de bus, même si comme toujours, je ne vois pas le temps passer. Les sinueuses routes de montagnes offrent des scènes incongrues et des panoramas magnifiques. En basse altitude, les paysans épandent sur la chaussée les céréales fraichement fauchées, pour trier et faire sécher le grain, compliquant sérieusement une circulation déjà pas mal désordonnée. Je tourne en moyenne à dix-sept crises cardiaques par trajet, chaque fois que le chauffeur décide de doubler dans un virage alors que tout le monde a vu le camion arriver en face…

Plus haut, sur les plateaux, les troupeaux de moutons et de yacks paissent autour des tentes de leurs bergers nomades, complétant des paysages de steppe incroyablement semblables à mes souvenirs de Mongolie. Imagine-toi encore quelques temples au sommet des montagnes, deux ou trois cascades et autres éléments de carte postale... Te voilà avec moi dans le bus ! Sauf que comme je n’ai pas été foutu de prendre une photo correcte de tout ça, je vais garder ces souvenirs pour moi tout seul, et tu te contenteras de me croire sur parole !

Ceci dit, ne t’inquiète pas, le périple tibétain est loin d’être terminé…

Bus, bus, et re-bus derrière.Bus, bus, et re-bus derrière.
Bus, bus, et re-bus derrière.Bus, bus, et re-bus derrière.

Bus, bus, et re-bus derrière.

Rédigé par Pierre

Publié dans #Chine

Commenter cet article

Marrainelol 25/08/2014 16:07

Encore de grands moments grâce à ce périple tibétain ! Contente que tout aille bien... Tu nous as manqué ce week-end ;-) On a pensé à toi !!! Gros bisous

Lady Kèkè 21/08/2014 19:24

On est en train de lire les mémoires du Dalai Lama avec Leslie, ça se passe dans le Tibet oriental, on pense à toi :)

Pierre 22/08/2014 08:13

C'est parce qu'il est né dans la région. Ma route m'a même mené dans le village où d'où il vient. Bisous !

JP 20/08/2014 21:34

Comment prévenir les crampes ?

"Il faut commencer par s'hydrater à petites gorgées pendant une séance sportive, toutes les dix minutes environ" recommande Vincent Viet. Pour un meilleur résultat, le mieux est de choisir une eau riche en sels minéraux. Sachant que pour les fixer efficacement pendant un effort sportif, un peu de sucre est nécessaire. "Un petit fond de sirop peut faire l'affaire" précise notre expert. Certaines boissons, en revanche sont fortement déconseillées les journées où vous ferez du sport. A savoir les boissons diurétiques, comme le café et le thé, et autres breuvages minceurs qui sont autant de facteurs aggravants. Tout comme l'alcool d'ailleurs.

Commentaire du commentateur : Tien tiens, y'aurais t'y pas eu un petit excès d'alcool thibétain dans le thé ?

Pierre 22/08/2014 00:45

Chuuuuut faut pas le dire !

Sabine 20/08/2014 01:08

Encore un magnifique épisode ! Sérieusement, tu comptes regrouper ces souvenirs ? En un livre, type journal de bord par exemple ? Ce serait génial ! Tu as déjà une groupie !! ;)

Pierre 22/08/2014 00:44

Pour le livre, ce n'est pas prévu mais on verra bien le moment venu... Merci en tout cas !

omero 19/08/2014 20:57

Une fois plus, je suis me régale à voir ces superbes photos et ce paysage à couper le souffle...
Bisous

tatalolita 19/08/2014 17:55

Comment peux tu maltraiter ce petit corps qui doit te porter encore et encore sur les routes du monde!
On ne t'y prendra plus je crois !
Bon,Tu pars franchement à l'aventure là! L'ambiance tibétaine s'installe...C'est prenant