Première semaine en Bolivie

Publié le 16 Janvier 2015

EcoAmerica amputé de la moitié de son équipe

Bon, voilà, il n’aura pas fallu longtemps, mais c’est déjà le bordel. En ce qui me concerne, pas de soucis : mon vol s’est bien passé et j’ai pu arriver sans embuche à Santa Cruz, dans le centre de la Bolivie. Le problème, c’est que ça n’a malheureusement pas été aussi simple pour Nara, qui aurait dû y atterrir quelques heures avant moi…

En partance de Tel Aviv avec une première escale à Rome, c’est lors de la seconde, à Sao Paulo, que les choses se corsent. « Bonjour Madame, on voudrait voir votre billet retour s’il-vous-plait. » Là, t’as beau leur expliquer que la législation bolivienne ne requiert pas ce billet retour pour entrer sur son territoire, que de toute façon tu ne pouvais pas l’acheter parce que tu vas voyager quelques mois dans plusieurs pays d’Amérique du Sud et que tu ne sais pas encore depuis lequel tu rentreras chez toi, rien à faire, t’es foutu. Enfin, pas tout le monde, bien sûr. Moi, je suis blanc et français, donc y’a pas de problème – évidemment, je n’ai pas non plus de billet retour, mais on ne m’a même pas posé la question. Par contre, si t’es un peu plus bronzé avec les yeux bridés et un passeport exotique, c’est pas la même histoire.

Quand ta couleur de peau ou tes origines te classent automatiquement dans la catégorie des suspects, on te traite direct comme le criminel que l’on voit en toi : on t’embarque, on t’enferme quelques heures dans une pièce pleine à craquer d’autres détenus – bien entendu tous Noirs ou Arabes, hein, parce qu’il faut bien respecter les meilleurs clichés –, et on te fout sans ménagement dans un avion qui te reconduira gentiment d’où tu viens. On aura pris soin au passage de te confisquer tes papiers, te faire escorter par la police à chaque escale et, par dessus le marché, perdre ta valise. Merci Alitalia Airlines et les douaniers brésiliens pour ce magnifique exemple de profilage racial totalement injustifié ! Reste maintenant à Nara d’essayer de clarifier sa situation, prouver son innocence, tenter de faire valoir ses droits pour récupérer son argent et ses affaires – ce qui est loin d’être gagné…

Bref, étant donné qu’elle n’est assurément pas prête de pouvoir poser un pied en Amérique du Sud, il semblerait bien qu’EcoAmerica ait été amputé de la moitié de son équipe avant même d’avoir commencé ! Je tâcherai donc de conduire le projet tout seul du mieux possible. Même pas peur (enfin si, un peu quand même) !

 

Santa Cruz et Samaipata

Allez, on ne se laisse pas abattre pour autant ! Plutôt que de ruminer ma colère dans une chambre d’hôtel en espérant que les choses s’arrangent pour ma coéquipière (à l’heure où je pensais encore naïvement que tout allait rentrer dans l’ordre), j’ai décidé de commencer tout de suite l’exploration de ma nouvelle terre d’accueil.

Pour entrer direct dans le vif du sujet, parlons météo. Bon alors il faudra que je vérifie l’info que je t’avais donnée, comme quoi on est en plein dans le pic de la saison des pluies, parce que pour le moment, tout ce que j’ai réussi à choper c’est un sale coup de soleil sur la tronche ! Les nuages se comptent sur les doigts de la main et l’astre solaire tabasse comme un salaud. Vu le déluge de trois mois que je m’étais imaginé, je t’avoue que je suis sacrément soulagé.

Santa CruzSanta Cruz

Santa Cruz

Par contre, soyons clairs : à Santa Cruz, même sous le soleil, y’a pas grand chose à voir ! En fait, si ce n’est sa place principale plutôt mignonne (mais dont tu as fait le tour en cinq minutes), il n’y a même rien à visiter du tout. Pour autant, je dois dire que j’aurai passé trois jours plutôt agréables dans cette cité étrange. Déjà, parce que bien qu’il s’agisse de la plus grande ville du pays (avec plus d’un million d’habitants si je ne dis pas de bêtise), on se croirait dans un petit village. Les maisons font rarement plus de deux étages et tout le monde te salue dans la rue. Et justement, ce qui fait vraiment le charme de la ville, c’est sa diversité ethnique et culturelle.

Je ne vais pas te faire la liste de tout ce que j’ai croisé en me baladant, il faudrait deux pages, mais j’ai quand même bien envie de te présenter mes préférés : les mennonites. T’en avais jamais entendu parlé ? Bah moi non plus ! Mais quand tu les vois avec leurs têtes d’allemands, leurs salopettes impeccables, leurs chemises à carreaux bien repassées et leurs chapeaux de cow-boy en paille, tout droit sortis de la petite maison dans la prairie, ils ne te laissent pas indifférent ! Je me suis renseigné depuis, il s’agit apparemment d’une branche cousine des Amish, ces fervents chrétiens qui vivent loin de toute modernité, dont la diaspora est assez répandue en Amérique du Sud. Il paraît qu’ils sont des plus amicaux, mais sur le moment j’ai fait le timide et n’ai pas eu le courage de leur demander de poser avec moi pour une photo souvenir – ce que je regrette énormément !

Malgré les rigolos en salopette, j’ai quand même eu vite fait de me lasser de Santa Cruz et me suis rapidement remis en route vers la montagne. Première halte, Samaipata. Si je me suis cru malin en choisissant au pif ce village sur Google Maps, j’ai vite découvert que c’était en fait un lieu hyper-touristique ! Et pour cause, ici, y’a vraiment de quoi faire. 

SamaipataSamaipataSamaipata

Samaipata

Tout d’abord, le célèbre El Fuerte, un site archéologique pré-inca bien sympa. Ensuite, de nombreux petits coins de paradis avec cascades et piscines naturelles au pied de pitons rocheux. Enfin, et surtout, l’un des parcs naturels les plus réputés du pays, Amboró et sa jungle subtropicale (où pour ne rien te cacher je me suis quand même pris ma première belle averse !). Et comme quand tu voyages seul il te faut à peu près cinq minutes pour te faire des copains, j’ai pu partager tous ces bons moments avec mes compagnons de voyage du jour, Daniela et Brian. 

El Fuerte, las Cuevas et el Parque AmboróEl Fuerte, las Cuevas et el Parque AmboróEl Fuerte, las Cuevas et el Parque Amboró
El Fuerte, las Cuevas et el Parque AmboróEl Fuerte, las Cuevas et el Parque AmboróEl Fuerte, las Cuevas et el Parque Amboró
El Fuerte, las Cuevas et el Parque AmboróEl Fuerte, las Cuevas et el Parque Amboró
El Fuerte, las Cuevas et el Parque AmboróEl Fuerte, las Cuevas et el Parque Amboró

El Fuerte, las Cuevas et el Parque Amboró

Autant dire que malgré les circonstances compliquées de ce début de voyage, je ne suis pas vraiment à plaindre…

Rédigé par Pierre

Publié dans #Bolivie

Commenter cet article

christophe 17/01/2015 20:15

Ben mince alors ! je suis certain que cela va s'arranger pour Nara. j'espère que tu as des petits cailloux blancs a semer en route pour qu'elle puisse te retrouver facilement!

Prospero 17/01/2015 19:03

Salut à Nouveau,
Super que les surprises commencent :-( Pas de Bol...
Sympa de retrouver le récit de tes pérégrinations qui sont toujours instructives. Je croyais que les Mennonites étaient circonscrits dans l'Ontario près de Waterloo, au Canada. Il y a plusieurs villages dans le coin et c'est drôle de les voir le dimanche sur les routes avec leur charrette. Impatient de lire les autres découvertes que tu feras avec Nara, sûrement.
Ciao et Take care...

Françoise 17/01/2015 12:08

J'espère que tout va aller pour Nara. Et que ses ennuis douaniers seront vite résolus et oubliés. Contente moi aussi de te lire à nouveau. C'est toujours aussi sympa et les photos sont superbes.

Marrainelol 17/01/2015 12:03

Quelle histoire et quelle injustice ;-( Nous espérons que Nara pourra assez vite poser un pied en Amérique du Sud... En attendant nous sommes heureux de voir que tu as su rebondir et que le temps t'épargne ;-) Bonne chance dans cette nouvelle aventure !!! On te suit ++++ Bisous

JP 16/01/2015 21:37

Coucou. Pas de bol pour Nara, j'espère qu'elle pourra te rejoindre en route. Je suis heureux de retrouver ta prose. Bonne route.