Sucre, capitale blanche et âme du pays

Publié le 19 Janvier 2015

Après avoir survécu aux routes de la mort népalaises, je m’étais promis de ne plus jamais monter dans un bus de nuit. Trop fatiguant, et objectivement un peu dangereux compte tenu des piètres infrastructures routières dans ces régions du monde. Mais évidemment, j’ai encore une fois été assez con pour ne pas respecter mon serment. La punition n’a pas tardé à tomber : douze longues heures sans pouvoir fermer un œil, parce que – attention, un truc comme ça, ça ne s’invente pas – le petit perroquet domestique de ma voisine n’aura pas cessé de me gueuler dans les oreilles. Non, sans déconner. Jolie bestiole au demeurant, mais un brin casse-couille quand tu essayes de trouver le repos.

El papagayo del diablo

El papagayo del diablo

Bref, c’est avec la tête dans le cul que j’ai fini par rallier la capitale du pays. Non pas La Paz, comme beaucoup le croient depuis que le gouvernement a décidé de s'y installer, mais Sucre, qui demeure le cœur constitutionnel et symbolique de la Bolivie. Quel changement après Santa Cruz ! Déjà, à deux mille sept cents mètres d’altitude, adieu les moustiques et la chaleur amazonienne. Mais surtout, quelle ville agréable ! N’usurpant assurément pas sa réputation de plus belle cité du pays, avec tous ses bâtiments blanchis à la chaux, c’est à Sucre que l’on trouve l’âme du peuple bolivien.  

Il suffira de se poser cinq minutes Plaza del 25 Mayo – place principale ainsi nommée en mémoire des premiers mouvements indépendantistes de 1809 – pour tomber sous son charme. Le son des guitares te guidera facilement jusqu’aux jeunes s’adonnant à quelques pas de danse traditionnelle. Ici, les enfants font du patin à roulette et pourchassent les pigeons. Là, les vieux se concentrent sur une partie d’échecs endiablée. Sucre respire la vie et mon premier geste aura été de prolonger ma réservation d’hôtel…

Les rues de SucreLes rues de SucreLes rues de Sucre
Les rues de SucreLes rues de Sucre
Les rues de SucreLes rues de SucreLes rues de Sucre

Les rues de Sucre

Il faut dire que le temps y passe vite. Chaque jour est mémorable. C’est par exemple à Sucre que j’aurai eu l’occasion de rencontrer et contempler travailler l’adorable Josefina. Ne vivant que pour son activité de tissage, selon les méthodes ancestrales transmises depuis toujours de mère en fille, elle montre un savoir-faire exceptionnel et une patience sans faille dans la réalisation de ses pièces les plus complexes – nécessitant chacune plus d’un mois de travail. Pas pu résister à casser ma tirelire pour lui acheter la moitié de son stock !

Josefina
JosefinaJosefina

Josefina

C’est aussi à Sucre que j’aurai passé des heures à flâner dans ses immenses marchés, où se retrouvent chaque jour des milliers de personnes pour faire les emplettes de la semaine, mais aussi manger un morceau sur le pouce ou savourer tranquillement un jus de fruit fraichement pressé.

El mercado centralEl mercado centralEl mercado central
El mercado centralEl mercado centralEl mercado central

El mercado central

C’est encore à Sucre que tu pourras venir en pèlerinage dans l’édifice le plus important du pays, la Casa de la Libertad, où fut votée et signée la déclaration d’indépendance le 6 août 1825. Les boliviens défilent chaque jour pour montrer leur respect et se prendre en photo devant les portraits de leurs illustres ancêtres, à commencer par le Père la nation – accessoirement « Libertador » de la majorité de colonies espagnoles d’Amérique du Sud –, Simón Bolívar.

La Casa de la LibertadLa Casa de la Libertad
La Casa de la LibertadLa Casa de la Libertad

La Casa de la Libertad

C’est toujours à Sucre que tu admireras la pseudo-réplique de notre chère Tour Eiffel, réalisée par notre ingénieur préféré en personne lors de son passage en Bolivie ; ou que tu déambuleras dans l’élégant Cementerio Municipal, devant lequel tu t’amuseras de voir systématiquement chaque automobiliste effectuer un rapide signe de croix, quel que soit son âge.

La Tour Eiffel et le cimetière municipal
La Tour Eiffel et le cimetière municipalLa Tour Eiffel et le cimetière municipal

La Tour Eiffel et le cimetière municipal

C’est enfin à Sucre que je suis en train de finaliser mon projet pour pouvoir, je l’espère, visiter une première école dans les prochains jours…

Rédigé par Pierre

Publié dans #Bolivie

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Marrainelol 20/01/2015 15:56

D'autres visages, d'autres paysages... très dépaysant !!
"Petit" perroquet, que tu dis, wahouuu... au départ je ne l'avais pas vu, je pensais que ta photo de l'intérieur du bus était flou ;-)
Merci pour les nouvelles, c'est chouette ! Bisous bisous

tatilolita 20/01/2015 08:55

Entre coco le perroquet et Josefina la tisseuse dans ce décor Bolivien ,je retrouve cette chère plume que tu manies si bien !Une pensée pou Nara que je souhaite bientôt à tes cotés pour vous rendre plus fort dans votre projet !Il a l'air de faire bon vivre là-bas (bien que je saches que tout n'est jamais parfait )bises