Y’a que les idiots qui ne changent pas d’avis

Publié le 31 Mars 2015

Après une petite trentaine d’heures de route cumulées, j’ai fini par rejoindre Ayacucho. Une semaine plus tôt que prévu. Non, en fait, pour être honnête, j’espérais bien ne pas mettre plus de six ou sept jours pour rallier la ville, parce que j’avais encore en tête un truc que je désirais découvrir avant que n’arrive la Semaine Sainte. Un truc que j’avais pourtant dit que je n’irais pas visiter. Mais, que veux tu, y’a que les idiots qui ne changent pas d’avis. Tu l’auras deviné, ce truc, c’est la région de Cuzco.

Pour ma défense, il faut préciser qu’on m’a bien foutu la pression pour que je m’y rende. Autant je n’accorde que peu de valeur aux recommandations des autres voyageurs, autant quand tous les péruviens avec qui je discute m’affirment que ce serait leur faire affront que de ne pas aller découvrir la capitale historique dont ils sont si fiers, je ne peux que me ranger à leurs ordres. D’autant qu’à force d’en parler, ils m’ont vraiment donné envie d’y aller !

Et en effet, charmante ville que Cuzco. Evidemment, c’est autant la capitale des Incas de jadis que celle des touristes d’aujourd’hui – ce qui me fait un peu bizarre après la solitude des montagnes –, mais les plus belles cités sont rarement désertes. L’ensemble ayant été presque intégralement rasée par les conquistadors espagnols, il ne reste plus grand chose du grandiose centre inca qu’il fut il y a cinq cents ans. Ceci étant, les édifices coloniaux érigés sur les ruines indigènes valent eux-mêmes leur pesant d’or, et me rappellent encore et toujours ma ville bolivienne préférée.

 

CuzcoCuzcoCuzco
CuzcoCuzcoCuzco

Cuzco

Arrivé jusqu’ici (après rien moins que vingt heures de bus supplémentaires dont, pour le coup, je me serais allègrement passé), il faudrait vraiment faire preuve de la plus mauvaise volonté du monde pour bouder le célébrissime Machu Picchu. L’idée de base était de gagner le site en marchant depuis Cuzco, le long du non moins prestigieux Inca Trail. C’était l’idée, jusqu’à ce qu’on m’apprenne que cette rando de quatre jours ne peut se faire qu’en réservant son passage par une agence, plusieurs semaines à l’avance, pour le double du salaire mensuel local. Dommage… Le trajet en train au cœur des montagnes étant lui même hors de prix, il aura fallu se rabattre sur l’option la moins alléchante : six heures de mini-van suivies d’un peu plus de deux heures de marche à pied le long du chemin de fer. Marche qui, compte tenu de l’heure d’arrivée tardive, aura dû se faire de nuit et, comble du bonheur, sous la pluie.

Le Machu Picchu se mérite, et pour y parvenir, il faudra encore se réveiller avant l’aube afin de passer l’épreuve finale de ses deux milles interminables marches d’escalier. Le sommet atteint, trempé de sueur, tu es enfin prêt à découvrir la merveille pour laquelle tu as tant bataillé. Le jour commence à se lever mais la brume, que les vents soulèvent de la rivière en contrebas, continue de te bloquer la vue. Comme dans la Cordillera Blanca, il y a là un petit quelque chose de mystique pas tout à fait désagréable, et la frustration d’être à moitié aveugle ne fait qu’attiser un peu plus ta curiosité. 

Machu Picchu dans la brume
Machu Picchu dans la brumeMachu Picchu dans la brumeMachu Picchu dans la brume

Machu Picchu dans la brume

Soudain, le ciel se dégage et tout autre sentiment s’efface pour laisser place à l’émerveillement. La splendeur du site n’a d’égale que sa fréquentation touristique, mais à ce stade, ce détail ne revêt plus grande importance. A l’inverse de la capitale, la forteresse ne fût jamais découverte par l’envahisseur et rapidement oubliée de ses maitres, ce qui explique que, retrouvée seulement au début du XXème siècle, elle ait pu traverser les âges pour nous parvenir en parfait état. Malgré la foule, se promener entre les pierres de ses édifices quasi-intacts est un véritable voyage dans le temps, dont il aurait été, j’en conviens, bien dommage de se priver.

Machu Picchu quelques minutes plus tardMachu Picchu quelques minutes plus tardMachu Picchu quelques minutes plus tard
Machu Picchu quelques minutes plus tardMachu Picchu quelques minutes plus tard
Machu Picchu quelques minutes plus tardMachu Picchu quelques minutes plus tardMachu Picchu quelques minutes plus tard
Machu Picchu quelques minutes plus tardMachu Picchu quelques minutes plus tard

Machu Picchu quelques minutes plus tard

La « Vieille Montagne » n’est d’ailleurs pas le seul site inca qui ait résisté au temps. En fait, toute la Vallée Sacrée en est encore parsemée : villages fortifiés d’Ollantaytambo ou de Pisaq, laboratoire agricole en terrasses concentriques de Moray, puits salants toujours en activité… La région invite à la promenade et j’aime autant te dire que j’en ai bien profité !

Vallée SacréeVallée SacréeVallée Sacrée
Vallée SacréeVallée Sacrée
Vallée SacréeVallée Sacrée
Vallée SacréeVallée SacréeVallée Sacrée

Vallée Sacrée

Et entre tout ça, reste toujours un peu de temps libre que je continue de passer à l’école avec un plaisir non dissimulé, surtout maintenant que je peux discuter plus librement avec mes chers bambins.

Rédigé par Pierre

Publié dans #Pérou

Commenter cet article

Frère Tosh 16/04/2015 21:06

C'est un peu comme aller au Cambodge sans voir Angkor quoi... Y'a quelques trucs qui ne se ratent pas !! (Ca a l'air magique!)

marrainelol 04/04/2015 00:00

Pile minuit LOL

marrainelol 03/04/2015 23:59

Ça aurait vraiment été trop dommage que tu ne vois pas "ÇA" et par conséquent qu'on ne voit pas ces magnifiques photos !! UNE PURE MERVEILLE !!! Bisous

Michel 31/03/2015 20:32

Fantastique. Je ne vois rien d'autre à dire.

Omero 31/03/2015 19:42

ils étaient quand même fortiches ces Incas!

Justine 31/03/2015 17:58

OOOOuuuuuuuufff ! J'ai vraiment cru que tu n'y mettrais jamais les pieds et que je ne pourrais profiter de tes photos !!! Contente que le site t'ait plu :D Gros bisous venteux d'Alsace