Lima et la Cordillera Blanca

Publié le 15 Mars 2015

La dernière fois que je t’ai laissé deux semaines sans nouvelles, j’avais été pris dans une tempête qui avait fait cinquante morts dans l’Himalaya népalais. Je te rassure tout de suite : rien de tel cette fois-ci, je vais très bien. C’est juste que, ces derniers temps, je ne savais pas bien quoi te raconter. Syndrome de la page blanche, peut-être. Ou alors tout simplement parce que je n’ai rien fait de bien épique depuis un moment. 

Il faut dire que si je suis resté pratiquement une semaine à Lima, je ne peux me vanter d’avoir pleinement profité de la ville. Une petite balade dans le centre historique, un rapide tour au musée, une brève baignade dans le Pacifique… A part ça, rien de bien productif ! La ville est grande. Très grande. Beaucoup trop grande pour moi. Sans parler de cette triste brume quotidienne, qu’on annonce pourtant cent fois pire dès que l’hiver arrivera. Je ne pourrais vraiment pas vivre ici, c’est certain !

Mais pourquoi t’y es resté si longtemps si tu ne te plaisais pas plus que ça à Lima ? Deux raisons à cela : l’une s’appelle Floro, et l’autre, Loïc. Le premier, c’est mon pote de promo péruvien rentré au pays à la fin de nos études. Cinq ans plus tard, il aurait été inconcevable de venir au Pérou sans lui rendre une petite visite. Le second, c’est mon collègue de Kuterevo qui, hasard du calendrier, débute son propre voyage en Amérique du Sud par la capitale péruvienne au moment où j’y fais moi-même escale. Avoue que c’eut été idiot de tracer la route sans passer un moment ensemble. Bref, Lima. Pas grand chose à raconter, mais malgré tout quelques bons souvenirs en tête…

LimaLimaLima
Lima

Lima

Après ça, la côte, c’est bien joli, mais la montagne me manque déjà. Je reprends donc la direction des Andes, accompagné de Loïc, avant qu’il ne parte de son coté. Il paraît que la Cordillera Blanca est l’un des plus beaux coins du pays. Allons vérifier ça.

J’avais oublié un insignifiant petit détail : après une semaine au niveau de la mer, mes deux mois d’acclimatation entre trois et quatre mille mètres d’altitude se sont rapidement dissipés. En repassant en l’espace de douze heures de zéro à plus de cinq mille mètres, je ne coupe donc pas à l’inévitable grosse migraine qui accompagne quasi-systématiquement une élévation aussi brusque. Malgré ce soudain mal des montagnes et la grosse averse neigeuse qui nous souhaite la bienvenue, il est bon de se retrouver à nouveau entouré de glaciers et autres sommets enneigés.

Cordillera Blanca à 5 100 m d'altitude (il ne fait pas 17 °C !)Cordillera Blanca à 5 100 m d'altitude (il ne fait pas 17 °C !)
Cordillera Blanca à 5 100 m d'altitude (il ne fait pas 17 °C !)Cordillera Blanca à 5 100 m d'altitude (il ne fait pas 17 °C !)

Cordillera Blanca à 5 100 m d'altitude (il ne fait pas 17 °C !)

Bon, monter aussi haut en bus, c’est cool. Seulement, pour vraiment ressentir la montagne, un petit trek s’impose quand même. On y va soft : trois jours, ça devrait aller. Le parcours de Vaqueria à Cashapampa est très populaire, mais à cette période, il est peu fréquenté. Cet avantage s’explique facilement par l’indéniable inconvénient d’une promenade au mois de mars : il pleut tout le temps ! 

Soyons honnêtes, au bout d’un moment, être trempé sans arrêt, c’est pesant. Surtout quand tu ajoutes à ça la frustration de ne pas pouvoir voir les montagnes aussi bien que tu le voudrais et l’écœurement nauséeux du riz pur à tous les repas (parce que tu as intelligemment oublié d’emporter quoi que ce soit d’autre à manger) ! Mais quand tu slalomes entre d’innombrables sommets à six mille mètres dans de splendides vallées glaciaires parsemées de cascades, torrents et autres lacs cristallins, c’est difficile de se plaindre. L’omniprésence de nuages te fait apprécier encore plus les rares rayons de soleil qui parviennent à percer de temps en temps et les magnifiques panoramas qu’ils dévoilent temporairement. Et puis, les neiges d’un sommet déchiqueté jouant à cache-cache dans la brume, ça a un petit quelque-chose de mystique, je trouve… 

Le trek de Santa CruzLe trek de Santa CruzLe trek de Santa Cruz
Le trek de Santa CruzLe trek de Santa CruzLe trek de Santa Cruz
Le trek de Santa CruzLe trek de Santa Cruz
Le trek de Santa CruzLe trek de Santa Cruz

Le trek de Santa Cruz

La vie est plus belle quand on s’efforce de négliger les désagréments pour ne voir que le bon coté des choses !

Rédigé par Pierre

Publié dans #Pérou

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Cote 24/02/2016 05:12

Bonjour ! Je viens de decouvrir ton blog, c'est super pour moi qui arrive au Perou dans deux semaines et qui veut avoir une idée de où aller.. J'aurais aimé te poser qq questions sur les treks (nous aussi on voudrait partir plutot seuls sans guide etc) - comment t'es-tu organisé pour la nourriture ? Dans le trek de Colca, nuit en tente ou dans les villages ? Bref, si tu as le temps de m'envoyer qq précisions sur le côté pratique :) J'espere que le retour s'est bien passé pour toi. A +. (annelaure.cote@gmail.com)

Dona Toncha 15/03/2015 22:29

Pfff 5100.... Ta montre devait être déréglée

Marrainelol 15/03/2015 18:31

Quelle belle philosophie !!! Voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide... Pas trop le temps en ce moment de commenter ton blog mais cela n'empêche que je suis toujours avec grand plaisir ton périple ;-) Imptessionnant ces altitudes, dis donc !! Bisous

Jules 15/03/2015 18:26

De bien beaux paysages que tu nous offres là! Bises