Premiers jours en Thaïlande

Publié le 10 Octobre 2016

Bon, ça  y est, le voyage reprend enfin ! Par contre, je t'avoue que j'ai un peu la flemme de me remettre à la rédaction d'articles bihebdomadaires comme auparavant. Alors pour ne pas te laisser sans nouvelles du tout au cas où nos pérégrinations t'intéressent vraiment, je te propose quand même de publier régulièrement tout ou partie de mes carnets, histoire que tu saches un peu où on en est, avec bien entendu quelques photos. (En contrepartie, je te demanderai de bien vouloir excuser les fautes et le cruel manque d’intérêt de certains propos ; tout cela sera brut de décoffrage…)    

Mardi 4 octobre 2016

En constatant que nous atterrissons en plein orage, un doute m’assaille soudain : et si la période de mousson n’était pas encore terminée en Thaïlande ? Quelques clics suffiront à assombrir le ciel encore un peu d’avantage. Non seulement elle n’est pas terminée, mais il reste encore un bon mois avant que les pluies ne cèdent définitivement la place au soleil. Pour couronner le tout, la capote anti-pluie que j’avais mis sur mon sac à dos pour le protéger dans la soute (de quoi, au fait ?) semble s’être fait la malle en chemin. Heureuse coïncidence ? L’inondation des routes viendra encore compliquer un peu mes retrouvailles avec Nara, qui arrivait à Bangkok quelques heures après moi, mais aucun doute que ces premières péripéties n’augurent rien de plus qu’une belle aventure.

Mercredi 5 octobre 2016

Réveil avec un sale rhume, merci la clim ! Nous partons aujourd’hui à la découverte de la capitale. Temples, déambulations à droite à gauche… On commence doucement, le temps de remettre le voyage en marche. Mais au delà de la ville en elle-même, une chose nous frappe très vite : les thaïlandais, ou du moins jusque là les bankokois, sont assurément la population la plus sympathique qu’on n’ait jamais eu l’occasion de rencontrer. Tous, du badaud au policier en passant par le guichetier ou le serveur, ne sont que sourire, gentillesse, bienveillance. Et pas de cette fausse amabilité éphémère qu’ont souvent certains commerçants flairant la bonne affaire. Non, ici, le chauffeur de taxi ou le vendeur à la sauvette continuent de te sourire en te souhaitant la bonne journée bien après que tu les aies gentiment éconduits. J’espère que cette première impression plus que positive quant au peuple thaïlandais ne sera pas démentie à l’avenir.

Après avoir déjeuné dans l’une de ces immuables gargotes de rue qui contribuent toujours autant à faire le charme du voyage, le hasard de nos pas nous amène à croiser ceux de Na Long. L’homme est des plus aimables, fidèle à l’image que ses compatriotes nous ont forgé de lui toute la matinée. Il n’a rien à nous vendre, mais une foule de bons tuyaux à offrir, comme ça, sans raison, pour qu’on « reparte de Thaïlande avec une bonne image de ses habitants ». En moins de temps qu’il nous faut pour comprendre ce qui nous arrive, le voilà qui nous fourgue dans le premier tuk-tuk en direction du port le plus proche, non sans avoir imposé au chauffeur un prix ridiculement bas, qu’aucun touriste n’aurait jamais osé négocier. Et point l’adresse d’un cousin de mèche dans quelque attrape-couillon, simplement la recommandation de sauter dans n’importe quel bateau afin de découvrir la Bangkok fluviale, celle qu’on ne peut découvrir qu’en pratiquant ses innombrables canaux. Une excursion qui nous occupera pendant l’heure suivante, à notre plus grand plaisir.

Jeudi 6 octobre 2016

Mon rhume a ce matin viré à la bronchite et le buste de Nara est tapissé d’une belle urticaire à l’origine incertaine ; mais à part ça tout va bien. L’exploration de la ville continue, mais nous avons décidé de ne pas nous éterniser. Demain matin nous quitterons déjà la capitale pour nous rendre à Chiang Mai, la grande ville du Nord, point de départ de l’exploration que nous comptons mener dans cette région montagneuse abritant certaines minorités ethniques.  

Premiers jours en ThaïlandePremiers jours en Thaïlande
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Vendredi 7 octobre 2016

Le train de nuit en couchette aurait sans doute été plus confortable – et mon souvenir nostalgique du Transsibérien ne faisait que m’encourager à privilégier cette option –, mais faute de place, c’est finalement dans un wagon de jour que nous nous installons ce matin. Le trajet est relativement long : pas moins de onze heures sont nécessaires pour parcourir les quelque sept cents kilomètres qui nous séparent de Chiang Mai. Mais je ne suis plus surpris de constater encore une fois que, même dans ce genre de circonstance, le temps a en réalité tendance à passer très vite pour peu qu’on en ait suffisamment devant soit pour ne pas avoir à le compter. La locomotive nous traine imperturbablement à travers les rizières, dans un paysage aussi plat que monotone, rythmé par rien d’autre que les longs coups de klaxon destinés à prévenir de notre passage quiconque se serait éternisé sur les passages à niveau.

Dire que l’on peut y voir à perte de vue serait grandement exagéré, mais il faudra attendre plusieurs heures avant que le relief ne commence à véritablement se vallonner. A quelques monticules, d’abord trop bas pour qu’on puisse décemment les qualifier d’autre chose, se substituent progressivement des collines de taille plus respectable. Se profilent alors à l’horizon des sommets suffisamment élevés pour pouvoir parler d’authentiques montagnes verdoyantes – certes bien loin d’égaler la majesté des pitons rocheux enneigés si chers à mon cœur, mais non moins attrayants aujourd’hui. La nuit tombant précocement à cette latitude, nous n’en verrons pas beaucoup plus ce soir et il faudra patienter encore un peu avant de se lancer à leur découverte.

Samedi 8 octobre 2016

Nous avons trouvé un hôte pour le week end en la personne de Juan, une connaissance de Nara installée en banlieue pour étudier le massage thaï. Après nous avoir emmené déjeuner dans le petit marché du quartier, dont les étals de légumes sont surprenamment bien organisés et particulièrement photogéniques, il nous guidera quelques heures à travers la vielle ville de Chiang Mai. Comme à Bangkok, une foultitude de temples se cachent à tous les coins de rue, mais il n’y a bien que cela à apprécier d’un point de vue architectural. Pour autant, il n’en reste pas moins agréable de déambuler de ruelle en ruelle et d’observer l’ébullition de la vie urbaine thaïlandaise.

En milieu d’après-midi, Juan nous propose de faire venir l’une de ses camarades de classe pour s’entrainer sur nous aux techniques de massage qu’ils sont en train d’apprendre. Avec plaisir ! Pas de chance pour moi – mais surtout pour lui ! –, mon brave masseur se bloque le dos au bout de quelques minutes et la séance doit s’arrêter là ; tandis que celle de Nara se poursuit encore pendant près de deux heures et demi. C’est long un massage thaïlandais !

Dimanche 9 octobre 2016

A cause de son dos, Juan n’a pas pu nous accompagner comme prévu, mais Nara et moi n’avons pas pour autant annulé l’expédition scooter. Enfin bon, expédition, c’est un grand mot… On a loué un scoot pendant quatre heures pour faire trente cinq bornes ; la belle aventure ! Mais quand même, quel pied ! Je dois avouer que je n’étais pas tout à fait serein à l’idée de conduire ce machin en ville – considérant que je n’avais pris les commandes d’un deux-roues motorisé qu’une seule et unique fois dans ma vie –, mais je me suis rapidement déridé. En plus d’être sympas, les thaïlandais se sont révélés être également des conducteurs aussi prudents et respectueux que patients. Du coup, cette petite balade jusque sur les hauteurs de Chiang Mai n’aura été que pur plaisir. A réitérer rapidement.

De retour en ville, place à la détente. Juan nous a réservé une séance de massage dans le salon de son prof, histoire de ne pas rester sur l’approximation de la veille. Coup de chance, j’ai l’honneur d’être manipulé par le maitre en personne. Deux heures d’heureuse torture, à se faire gentiment taper dessus et plier dans des positions que je n’imaginais même pas concevables. Je suis véritablement impressionné par le savoir-faire de Boi, dont chaque action semble maitrisée à la perfection. Il possède à l’évidence une connaissance poussée de l’anatomie humaine et ne laisse jamais le moindre mouvement au hasard. Il y va aussi bien avec les mains que les coudes ou les genoux, voire même carrément avec les pieds, mais sans jamais se départir d’une précision millimétrée et d’un haut degré d’élégance. Je retrouve ici une forme d’art qui me rappelle beaucoup par certains aspects la grâce que je pouvais trouver à mes maitres du Goshin Jutsu. Debout sur mon dos, je le sens avancer délicatement ses pieds le long de ma colonne sans la moindre hésitation et, le moment venu, planter chirurgicalement ses orteils entre deux vertèbres : crac ! 

Premiers jours en Thaïlande
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Rédigé par Pierre

Publié dans #Thaïlande

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Françoise 10/10/2016 16:52

Quel bonheur de te lire à nouveau !!! Un grand merci à toi. Bon vent à tous les deux et la bise bien sûr.

christelle 10/10/2016 10:09

Bonjour Pierre,

je suis ravie de ce retour, j'attendais patiemment que tu repartes. Bon voyage et merci pour le partage

Eve 10/10/2016 08:50

Quel bonheur de te retrouver à travers ton blog ! Tu n'as pas perdu tes qualités rédactionnelles !