Thaïlande, suite et fin dans le Chiang Rai

Publié le 31 Octobre 2016

Dimanche 23 octobre

Après une matinée glandouille, nous prenons le bus en direction de Chiang Rai, où nous arrivons juste avant la tombée de la nuit. Rien de bien fou à déclarer.

Lundi 24 octobre

Réveil sous le déluge, bloqués à l’auberge. Nous parviendrons finalement à sortir faire quelques pas dans la ville, juste assez pour nous rendre compte qu’elle n’en vaut pas forcément la peine. L’humble petit musée des minorités ethniques nous occupera une heure, mais je ne pense déjà plus qu’à quitter Chiang Rai, qui ne recèle rien de bien attrayant à mes yeux. La « plus belle province de Thaïlande » n’est sans doute pas réputée pour sa capitale et il nous faudra assurément en sortir pour qu’elle nous dévoile ses plus beaux atours. Je viens par ailleurs de m’enfiler ma troisième pizza en autant de jours ; je n’avais pas réalisé avoir saturé à ce point des noodle soups et pad thaïs matin, midi et soir…

Mardi 25 octobre

Nous avons décidé de louer des vélos pour partir à la découverte des alentours. On nous a refourgué les pires bicyclettes qu’il m’ait jamais été donné de monter, mais nous parviendrons tant bien que mal à parcourir une cinquantaine de bornes. Sans être encore particulièrement transcendante, la campagne environnante m’est déjà beaucoup plus agréable que la ville. Cette ballade aura aussi et surtout été l’occasion d’une belle rencontre avec Pim, dans son restaurant de bord de route. Elevant seule ses trois enfants tout en veillant sur sa mère, cette femme souriante ne rêve pourtant que de voyager. Alors comme nous sommes ses uniques clients aujourd’hui, ça laisse un peu de temps pour partager quelques histoires, autour des bons petits plats qu’elle nous a préparés.

Nous quittons Chiang Rai en fin d’après-midi. Nous nous sommes dégoté une guest-house dans la montagne, apparemment au sein d’un village Akha. Tao, le manager du lieu, vient nous récupérer en ville ; les bus ne montent pas jusque là-haut. Alors que nous nous tenons debout à l’arrière de son pick-up, prêts à nous baisser pour éviter les basses branches, la route serpente de plus en plus profondément dans la jungle. Nous ne parvenons au village qu’à la tombée de la nuit, si bien qu’il faudra patienter jusqu’à demain matin pour véritablement découvrir le coin. En attendant, Tao se révèle particulièrement sympathique et loquace. Durant le diner que nous prenons ensemble, il nous parlera aussi volontiers de l’ethnie Akha que de sa Birmanie natale, renforçant au passage notre envie d’y voyager rapidement. 

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Mercredi 26 octobre

Les montagnes sont noyées dans la brume, mais le panorama depuis notre balcon n’en est pas moins splendide. Difficile d’imaginer réveil plus enchanteur, d’autant que le paysage s’offre à nos yeux y compris depuis le lit, à la faveur de fenêtres ouvertes au raz du sol. Après un petit déjeuner local, la journée sera enfin dédiée à une randonnée digne de ce nom. Notre chemin nous mènera jusqu’au sommet de la colline à laquelle est adossé le village, cime suffisamment haute pour offrir une vue à cent quatre-vingt degrés avec Chiang Rai en arrière plan. De l’autre côté, découverte d’un petit hameau Lahu où nous pourrons observer un homme tailler un large bambou, qu’il mettra sur le feu une fois rempli de poulet et autres légumes. Chacun ses ustensiles de cuisine. L’histoire voudra que Tao nous cuisine ce soir même une bambou omelet selon le même procédé. Et le fait est que le résultat est aussi bon qu’il est amusant à préparer.

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Jeudi 27 octobre

Le réveil est encore plus magique ce matin. La brume tapisse toujours le fond du vallon, mais les premières lueurs de l’aube révèlent un ciel bleu immaculé sur lequel viennent se découper les montagnes luxuriantes. Le soleil ne tarde pas à poindre, faisant chatoyer le brouillard résiduel, tandis que nous lézardons encore au fond du lit. Nous avons décidé de rester une nuit de plus ici, le cadre est trop calme et agréable pour que l’on n’en reparte si tôt. Alors que Nara préfère se prélasser au bord de la cascade, je pars de mon coté à l’assaut de la montagne. Un village Yao est censé se trouver quelques kilomètres plus haut et j’ai toujours l’espoir de découvrir un hameau plus typique que les précédents. Il me faudra marcher un bon moment, bien plus loin que ce que l’on m’avait indiqué, pour finalement tomber sur quelque bourgade. Il semble que je me sois trompé de chemin, et le bled n’a pas grand-chose de merveilleux ; mais reste le plaisir toujours intact de décrasser les mollets en mangeant du dénivelé. 

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Vendredi 28 octobre

Après que Tao nous ait déposé en ville, nous ne tardons pas à repartir de Chiang Rai sur le nouveau scooter que nous venons de louer. Nous retournons vers la montagne d’où nous venons d’arriver, mais cette fois en longeant l’autre rive du Mae Kok. La route est belle, une fois de plus, mais se révèlera particulièrement difficile. Une fois n’est pas coutume, il s’agit d’un sentier de terre. Sentier qui deviendra raviné et chaotique comme jamais alors que nous prenons de l’altitude. Nara sera obligée de descendre à plusieurs reprises pour que je puisse tant bien que mal sortir le scooter d’ornières toujours plus profondes. Rien de bien dangereux – on roule à cinq à l’heure – mais quelle galère ! Quatre heures pour faire cinquante kilomètres… Il en faut néanmoins beaucoup plus pour entamer notre enthousiasme. C’est ça l’aventure ! Nous finirons la journée à Mae Salong, petite bourgade nichée à près de 1 200 m, entre les champs de thé. La population y est presque exclusivement composée de chinois, descendants des familles du 93ème Régiment du Kuomintang, qui avaient fui leur pays après l’établissement du régime communiste. Le village est d’ailleurs dominé par un imposant mausolée où repose le Général Tuan, leader des troupes en exil. Tout ici, à commencer par les lampions oranges bariolés d’idéogrammes suspendus à toutes les devantures, fait penser à un véritable petit bout de Chine, ce qui est aussi amusant que déroutant.

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Samedi 29 octobre

Si, au premier coup d’œil, la province de Chiang Rai semble identique à celle de Chiang Mai, j’ai aujourd’hui l’étrange impression d’être dans un endroit totalement différent. Quelque chose d’indicible pourtant, je n’arrive pas à savoir ce qui a changé. Peut-être la forêt est-elle un peu moins omniprésente. Peut-être y a t-il plus de villages, ou plus de champs, accrochés sur les versants de chaque colline. Même les couleurs semblent sensiblement plus diversifiées, comme si la palette de vert s’était démultipliée… Quoi qu’il en soit, la route d’aujourd’hui me paraît particulièrement magnifique. Nous avons retrouvé la frontière birmane, que nous longeons plus près que jamais. Nous roulons pour ainsi dire dessus puisque la crête sur laquelle elle s’étend marque la bordure entre les deux pays. Le spectacle est grandiose et nous nous arrêtons à chaque virage pour prendre une photo, ou simplement contempler bouche bée un panorama qui était pourtant le même deux cents mètres plus tôt. J’imagine que c’est à ça qu’on reconnaît un paysage réellement exceptionnel, quand on ne se lasse pas de répéter à quel point il est beau. Nous atteignons finalement Mae Sai, la ville thaïlandaise la plus au nord du pays, et continuons notre route vers le sud-est, à travers la large plaine du Mékong. Lorsque nous rencontrons finalement le fleuve, nous sommes officiellement au cœur du Triangle d’Or. Nos pieds sont en Thaïlande, mais le Laos et la Birmanie s’étendent tous deux sous nos yeux, respectivement de l’autre coté du Mékong et de la Ruak, l’un de ses affluents. Il nous reste encore deux jours à gambader en Thaïlande, mais nous serons très vite de retour ici pour traverser le fleuve et débuter notre périple laotien. 

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Dimanche 30 octobre

La route d’aujourd’hui est dans la veine de celle d’hier et nous fait continuer dans les superlatifs. Nous descendons la large vallée qui borde le Laos en zigzaguant de crête en crête, colline après colline. La beauté du paysage force le silence et nous avalons ainsi les kilomètres dans un mutisme contemplatif. Le spectacle est si hypnotisant que j’en oublie même de faire des photos… Du moins jusqu’à ce que le ciel nous remette les pieds sur terre, lorsque nous sommes finalement surpris par ce qui restera sans doute l’une des dernières averses de cette période de mousson. Ça faisait un moment qu’on n’avait plus vu la pluie ; là, c’est bon, la douche est prise. 

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Lundi 31 octobre

Retour à Chiang Rai, repos et pizza. Demain, on passe au Laos. 

Rédigé par Pierre

Publié dans #Thaïlande

Commenter cet article

Eve 07/11/2016 11:44

Très chouette récit ... bises !

Pierre 06/11/2016 02:33

Merci merci ! PS : le fromage (et le vin rouge) me manque(nt) effectivement !

Michel 31/10/2016 12:41

Bises de... Normandie, où la jungle est moins dense, la pluie moins forte (si si)... et le soleil moins présent. Ha, j'allais oublier, les montagnes moins hautes (bien sûr). Mais les habitants sont également accueillants et sympathiques, ce qui compense cette série de "moins". La plus value principale reste pour autant certainement la qualité et la diversité de ses fromages, mais je m'éloigne vraisemblablement de mon point de départ... quoi que, connaissant ton amour pour ceux-ci, une série de bises parfumées aux parfums de ces plaisirs locaux pourraient te mettre le cœur en joie. Va savoir !
Alors bises et re-bises.

Maximus phidibus altipius 31/10/2016 10:22

Enjoy guys !!!

Françoise 31/10/2016 08:52

Magnifique. Extra. Encore ! Encore ! Encore !!!
Merci et à tout vite au Laos. Bises à tous les deux.