Derniers jours au Laos

Publié le 30 Novembre 2016

Jeudi 24 novembre 2016

Nouvelle journée de bus jusqu’à Thakhek. Rien de bien intéressant sur cette grande route rectiligne, si ce n’est que le hasard nous aura une nouvelle fois amenés à croiser la route de Sylvie et Daniel, le charmant couple de retraités que nous rencontrons quatre jours sur cinq depuis que nous sommes arrivés au Laos…

Vendredi 25 novembre 2016

Nous voilà repartis pour un petit road-trip de quelques jours à scooter, histoire de finir notre aventure laotienne en beauté. Après une grosse heure à slalomer entre des karsts noirâtres, la faim se fait déjà ressentir. Les kilomètres défilent mais, étonnamment, aucun restaurant ne semble border cette route. Nous apercevons finalement sur le bas côté quelques tables dressées sous une bâche, comme on en rencontre si couramment dans le pays. Un groupe de femme est occupé à préparer du poisson grillé tandis que quelques hommes s’adonnent non loin à une partie de carte. Alors que nous nous avançons pour solliciter l’aubergiste, tout le monde semble stopper son activité pour nous jeter des regards interrogateurs. Peut-être n’ont-ils pas l’habitude de voir trop de touristes s’arrêter ici… L’une de ces dames nous fait finalement signe de nous asseoir, avant de nous planter une assiette de choux et de poisson au milieu de la table. Il n’est pas rare que les bouis-bouis de campagne ne possèdent pas de menu, si bien que, même si les mets ne sont pas particulièrement ragoûtants, nous commençons à avaler la pitance sans demander notre reste.

Un petit garçon vient rapidement se planter au bout de notre table pour nous dévisager sans ciller, et je remarque alors que c’est en fait toute l’assistance qui nous observe avec insistance. Mais qu’est-ce qu’on a bien pu faire pour mériter d’être dévisagés ainsi ? Je note néanmoins plus de demi-sourires que de moues réprobatrices, et nous continuons ainsi à manger comme si de rien n’était. A mesure que passe le repas, les regards se font de plus en plus lourds et les chuchotements amusés commencent à se transformer en francs éclats de rire. Le doute se fait de plus en persistant : est-ce bien un restaurant ou nous sommes nous incrustés dans un domicile privé ? La salade de papaye et piments qu’on nous a apportée entre temps me brûle la langue à la limite du supportable mais je m’efforce de terminer mon assiette, au cas où l’on aurait affaire à un cas de pure générosité.

Le repas terminé, une autre femme vient nous offrir un petit verre de Lao-Lao en guise de digestif, que nous acceptons poliment pour la même raison. La confirmation finit par tomber lorsque nous cherchons en vain à payer avant de partir : nous nous sommes bel et bien immiscés dans une célébration privée – qui semble dans le meilleur des cas un anniversaire, mais plus vraisemblablement une sorte de veillée mortuaire ! Personne ne semble néanmoins s’en être offusqué, au contraire. Maintenant que l’erreur a éclaté au grand jour, tout le monde rit de conserve et nous quittons les lieux embarrassés, mais amusés par l’assurance que tout ceci leur fera une bonne histoire à raconter demain à leurs amis.

Samedi 26 novembre 2016

Nous avons décidé de rester aujourd’hui à Tha Lang, au bord du lac que nous avons atteint hier en fin d’après-midi. Le cadre est tout à fait déroutant : alors que le Laos que nous connaissions jusqu'à présent n’avait jamais cessé d’être montagneux, le passage du dernier col nous a fait pénétrer dans un monde d’une platitude incongrue. A en juger par les hordes de troncs blanchâtres ne tenant plus au milieu de l’eau que par habitude, il y a fort à parier que le bassin soit artificiel ; d’autant que toutes ces presqu’îles aux formes étranges n’ont pas l’air bien naturelles non plus. La Nam Theun a donc elle aussi était entravée de l’un des nombreux barrages qui poussent comme des champignons sur toutes les rivières du pays. Il est étrange de penser qu’en l’espace d’une génération nombre des agriculteurs montagnards de la région ont dû se métamorphoser en pêcheurs lacustres. Je ne sais pas bien si la chose aura été pour le meilleur ou pour le pire, mais face à un coucher de soleil comme celui de ce soir, difficile de se plaindre…

Derniers jours au LaosDerniers jours au LaosDerniers jours au Laos
Derniers jours au LaosDerniers jours au Laos

Dimanche 27 novembre 2016

Le lac désormais derrière nous, nous retrouvons rapidement les massifs karstiques noirs que nous avions quittés avant-hier. Mais s’ils ne formaient alors guère plus que de petits monticules dispersés, les karsts constituent ici de hautes falaises continues enserrant une plaine agricole plus ou moins large selon les endroits. Nous remonterons progressivement le corridor sur une centaine de kilomètres, pour finalement poser notre sac à Kong Lor – exténués et les fesses en bouillie, mais comblés par les paysages qui nous auront encore été offerts aujourd’hui.

Derniers jours au Laos
Derniers jours au LaosDerniers jours au LaosDerniers jours au Laos
Derniers jours au LaosDerniers jours au Laos
Derniers jours au LaosDerniers jours au Laos

Lundi 28 novembre 2016

A l’inverse de la foultitude de grottes inintéressantes que nos vagabondages nous avaient amenés à découvrir, celle d’aujourd’hui est probablement la plus impressionnante que j’aie jamais visité de ma vie. Qui dit karst, dit grottes ; et c’est bien pour ça qu’il y en a autant dans la région. Mais ici, c’est carrément une rivière souterraine que nous remontons en bateau, toujours plus loin dans les entrailles de la Terre. Le plafond de la galerie s’élève tellement haut que ma lampe frontale quarante mètres peine à le sortir des ténèbres. La grotte est même par endroits si immense que l’on aurait aisément pu y tourner la scène du Seigneur des Anneaux où Gandalf et le Balrog viennent s’écraser au fond des mines de la Moria… Nous remonterons ainsi le cours d’eau pendant plus de sept kilomètres pour ressortir de l’autre côté du massif. Après en avoir fait le tour à scooter et être passés dessous en bateau, l’idéal aurait été de pouvoir randonner par dessus, mais nous n’en avons malheureusement plus le temps aujourd'hui.

Derniers jours au LaosDerniers jours au Laos
Derniers jours au LaosDerniers jours au LaosDerniers jours au Laos

Mardi 29 novembre 2016

Le dernier tronçon de notre boucle nous ramène sur la grand-route n°13, celle-là même que nous avions déjà emprunté en bus pour descendre de Vientiane. Nous arrivons à Thakhek suffisamment tôt pour sauter dans un mini-van à destination de Savannakhet, où nous passerons notre dernier jour au Laos. 

Mercredi 30 novembre 2016

Un dernier jour placé sous le signe de la glandouille : tri des photos, montage vidéo, rattrapage du sommeil en retard… Demain nous attend une longue journée de bus, mais le passage d'une frontière est toujours excitant et marque à chaque fois le début d'un nouveau voyage. 

Rédigé par Pierre

Publié dans #Laos

Commenter cet article

Marrainelol 30/11/2016 18:10

Oups... "aux côtés" ! Le froid me ronge les neurones ;-)

Marrainelol 30/11/2016 17:59

Pour info... le film avait été tourné en mars dernier. Là-bas, il faisait à cette époque -25°... il commençait à faire moins froid LOL... l'hiver avait été glacial : -50° !! Quelle rudesse, mais comment font-ils ? Ce froid... et ce vent !!! Et toujours le sourire ! Chapeau bas ! Nous, on était blottis sous nos petits plaids bien au chaud... dehors tout de même -5° cette nuit :-) Re-bisous !

Marrainelol 30/11/2016 17:38

Ouiii incroyable... une fois au coeur de la steppe au côté des cavaliers mongols, une autre fois dans l'extrême nord de la Mongolie chez des nomades éleveurs de rennes et, là, dans une famille qui élève des chameaux de Bactriane, à l'extrême ouest de la Mongolie ! Des paysages à couper le souffle !!! Quel beau pays ;-) On pensera à vous demain pour le passage de la frontière vietnamienne, on croise les doigts !!! Bisous