Rando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Publié le 17 Décembre 2016

Vendredi 9 décembre 2016

Retour sur Hanoi pendant quelques heures avant de reprendre un bus pour l'extrême nord-ouest du pays. Une nouvelle aventure qui témoigne une fois de plus de l'organisation formidable des transports vietnamiens. Après une heure et demi à parcourir la ville en tous sens pour ramasser deux fois plus de passagers que le van ne peut en contenir, nous voilà abandonnés sur un trottoir de banlieue sans la moindre information. Nous poireauterons près d’une heure à nous demander si un bus finirait ou non par arriver, jusqu’à ce qu’enfin nous prenions la route vers 23 h. Ça faisait longtemps que je n'avais pas emprunté de bus de nuit. Ça ne m'avait pas manqué.

Samedi 10 décembre 2016

6h30, Sapa. Voilà déjà deux heures que le bus est arrivé à destination, mais on nous a laissé finir la nuit sur un parking. Le thermomètre affiche à peine six degrés, ce qui veut dire que je n'aurai en fin de compte pas trimbalé ma doudoune pour rien pendant tout ce temps. Nous ne descendons du bus que pour être assaillis par l’armée de femmes Hmong qui nous lorgnait depuis un moment à travers la vitre. Chacune veut son touriste, et c’est finalement Chin qui parvient à nous convaincre de venir randonner avec elle. Le temps de prendre un rapide petit-déjeuner et nous voilà partis pour une journée de balade à travers la montagne. Les nuages bouchent l’essentiel du panorama mais nous parvenons néanmoins à deviner l’immensité de la vallée – ce qui n’est d'ailleurs pas sans accroître la frustration de ne pas pouvoir en voir plus. Les rizières en étages que je m'étonnais de ne pas encore avoir réellement aperçu depuis notre arrivée en Asie du Sud-Est sont enfin là, sur les versants qui se perdent progressivement dans la brume. La grisaille nous rend bien incapable de discerner l’horizon, du moins jusqu’à ce que Nara s’exclame « regarde tout là haut ! » Alors seulement je parviens à discerner la crête. Les sommets s’élèvent ici à une telle altitude qu’il ne me serait jamais venu à l’esprit de lever les yeux si haut. Tandis que le fond de vallée reste noyé dans le brouillard, les cimes semblent flotter au dessus des nuages. La crête doit bien se trouver au moins mille voire mille cinq cents mètres au dessus de la rivière, et nous restons pantois devant cet incroyable spectacle. Nous passerons la soirée chez les parents de Chin, au sein d’un petit village Black Hmong niché entre les rizières. Après avoir papoté un bon moment autour du feu en dégustant les meilleurs nems qu'il m'ait été donné de manger, Mama Sun nous fera goûter son Happy Water maison – le schnaps de riz local. Comme attiré par son parfum, c’est cet instant précis que choisira Papa Chang, son mari, pour rentrer de chez les voisins, hilare et complètement bourré. Quelques bons fous rires, un dernier verre, et au lit.

Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Dimanche 11 décembre 2016

La nuit a été froide mais le ciel bleu est ce matin de retour. Chin semble s’être fait la malle à la recherche de nouveaux touristes et c’est sa mère qui prend le relai pour nous guider. Encore plus joviale et meilleure marcheuse, nous n’y avons sans doute pas perdu au change. Nous remontons aujourd’hui la vallée en sens inverse, par l’autre versant, pour retourner vers Sapa. Le secteur partiellement délivré de la brume, les panoramas qui nous étaient interdits hier s’offrent finalement à nous. Les rizières en étages s’étendent jusqu’à perte de vue et l’émerveillement d’hier se prolongera encore toute la journée.

Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Lundi 12 décembre 2016

C’est reparti pour un road-trip à scooter. Le tronçon du jour, duquel je n’attendais pourtant rien si ce n’est de nous rapprocher de la province de Ha Giang, nous régale déjà de quelques beaux paysages, en particulier à l’approche de Bac Ha. Vivement la suite.

Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Mardi 13 décembre 2016

La route continue à sinuer au cœur des montagnes formant la frontière avec la Chine. Partout s’offrent à nous des paysages grandioses mêlant harmonieusement conifères et rizières en terrasses. Mais au delà des seuls panoramas, la beauté de la région tient aussi et surtout aux populations multicolores qui l’occupent. Bien que les femmes ne soient pas habillées de noir comme à Sapa, il me semble reconnaître les motifs caractéristiques des Hmongs, qui cohabitent manifestement ici avec plusieurs autres ethnies pour former un patchwork de bleus, d’oranges, et de tant d’autres couleurs. Alors que la route que nous devons prendre ne figure étonnamment pas sur la carte, nous n’avons d’autre choix que de régulièrement demander notre chemin à tous ces individus. Le plus souvent en vain, d’ailleurs, puisque personne ne semble jamais réellement prêter attention à mes questions, trop occupés à me dévisager avec des yeux éberlués. A la question « Coc Pai est-il par ici ou par là ? » en pointant du doigt à droite et à gauche, je n’obtiens jamais d’autre réponse qu’un invariable hochement de tête hébété… Nous finirons quand même par trouver notre chemin et terminons cette belle journée à Vinh Quang, avec pour seul regret d’avoir manqué l’occasion de prendre la photo parfaite. Elle était pourtant là, à portée de clic : quatre femmes vêtues leurs sublimes tuniques bariolées, assises sur le haut d’une colline surplombant la vallée, à papoter gaiment après une dure journée de labeur tout en contemplant le merveilleux panorama dont elle n’ont sans doute jamais pu se lasser. Le tout sous une lumière orangée de fin d’après-midi… J’enrage de ne pas avoir sorti l’appareil, mais l’image n’en est pas moins ancrée dans ma mémoire.

Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Mercredi 14 décembre 2016

La pluie a fini par nous rattraper. La perspective de passer vingt-quatre heures de plus à Vinh Quang n’est cependant pas particulièrement alléchante et, de toute façon, il faut qu’on avance si l’on veut pouvoir finir notre boucle en temps et en heure. Nous reprenons donc la route à la faveur d’une légère éclaircie, mais les trombes d’eau retombent bien vite. Au lieu de continuer par les petits chemins de montagne – pour ne pas risquer de nous retrouver embourbés dans quelque torrent boueux –, nous avons opté pour un léger détour afin de retrouver la « grande route ». Compte tenu de son étroitesse, de son état médiocre et des méandres qu’elle dessine en suivant la rivière, je n’ose effectivement imaginer ce qui nous aurait attendu plus haut. Nous avons réduit notre vitesse de moitié et dépassons désormais rarement les vingt kilomètres à l’heure. C’est lent, très lent, mais au moins n’aurons nous pas déplorer de réelle blessure si nous venions malgré tout à glisser. Aucune chute ne sera néanmoins à déplorer lorsque nous arrivons enfin à Ha Giang cinq heures plus tard. Seulement les doigts fripés par l’humidité et les muscles grelottant de froid. Une bonne douche chaude et rien n’y paraît plus. La fin de soirée sera par ailleurs assez mémorable : alors que nous sortons dépenaillés pour manger un morceau en coup de vent dans le boui-boui d’en face, nous sommes alpagués avant même d’avoir pu demander au serveur où nous asseoir, et littéralement tirés par le bras jusqu’à la table de quatre jeunes vietnamiens. S’en suit une scène proprement surréaliste où, les garçons ne parlant pas un mot d’anglais, nous en sommes réduits à discuter pendant deux heures en traduisant alternativement questions et réponses sur les téléphones portables. Nos bouches ne s’ouvrent que pour ingurgiter l’orgie de mets et d’alcool de riz dont ils nous régalent, sans jamais qu’un mot ne soit prononcé de la soirée !

Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Jeudi 15 décembre 2016

Je ne sais par quel miracle notre hôtesse est parvenue pendant une nuit aussi humide à laver et faire sécher nos vêtements détrempés, mais le fait est que nous repartons ce matin dans de bonnes conditions. Nous attaquons la boucle finale de l’extrême bordure nord du Vietnam, celle-là même qui a la réputation d’être l’une des régions les plus belles du pays. En un mot comme en cent, le district de Ha Giang n’a clairement pas volé sa réputation, la route sinuant en permanence dans une succession de panoramas somptueux. Les vallées sont larges et profondes et souvent parsemées d’étonnants monticules karstiques. Nous nous arrêtons toutes les dix minutes pour prendre des photos ou simplement contempler la vue qui s’offre à nos yeux, à tel point que nous en oublions l’heure et sommes finalement rattrapés par la nuit. Forcés de raccourcir l’étape du jour d’une bonne quarantaine de kilomètres, nous trouvons refuge dans un motel miteux installé sur le dernier col avant Yen Minh.

 

Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Vendredi 16 décembre 2016

Nara n’étant pas très rassurée par les routes vertigineuses que nous avons à emprunter, nous avons décidé finir la boucle sur un seul scooter et de récupérer l’autre dans deux jours, à notre retour Yen Minh. Il est vrai que les routes sont désormais taillées à même les falaises, au milieu de paysages qui – outre les rizières et les inattendus champs de cane à sucre – me font souvent plus penser à l’Ecosse ou à l’Islande qu’au Vietnam. Alors que nous avons quasi-exclusivement vu de la jungle à cette latitude, la végétation est désormais plus tempérée que tropicale, quand les montagnes n’en sont pas tout simplement dépourvues. Les crêtes sont de plus en plus acérées et des kilomètres de routes sinueuses s’étirent devant nos yeux chaque fois que nous passons un nouveau col. Il fait de plus en plus froid, par contre. J’ai beau rouler avec ma polaire, ma doudoune et mon K-way par dessus, je reste en permanence gelé jusqu’aux moelles.

Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Samedi 17 décembre 2016

Puisque nous avons atteint hier le point le plus septentrional du pays, nous voilà contraints à nous réorienter en direction du sud-ouest pour amorcer le retour vers Sapa. Le but étant de faire une boucle, nous optons pour une petite route alternative, censée nous reconduire jusqu’à Yen Minh. Sans doute l’absence d’asphalte dès le premier kilomètre aurait dû nous mettre la puce à l’oreille, mais toujours est-il que nous nous lançons gaiment sur le petit chemin gravillonné, comme si de rien n’était. Après une demi-heure, il ne reste qu’une étroite sente de terre cabossée, mais notre entrain nous empêche de faire demi-tour. Même lorsque nous croisons trois européens découragés qui nous informent avoir dû rebrousser chemin faute de pouvoir trouver la bonne piste, nous décidons de continuer, persuadés que nous parviendrons à nous en tirer à meilleur compte. Et le fait est qu’on y parviendra, à Yen Minh. Mais alors, quelle galère ! Pendant plus de trois heures, nous nous perdons sur des chemins boueux à peine assez large pour le scooter, à zigzaguer dans tous les sens sans jamais croiser âme qui vive. Nous finissons néanmoins par tomber par hasard sur une petite route goudronnée qui nous conduit finalement à Lung Phin, un minuscule village fantôme loin duquel nous étions pourtant supposés passer. Le reste du trajet sera un peu moins compliqué et nous rallions finalement notre destination en fin d’après-midi, pas peu fiers de notre exploit. A noter au passage la scène effarante que nous avons pu observer à l’approche de Yen Minh : une quarantaine de d’individus ramassant je ne sais quoi sur le pan vertigineux d’une mine à ciel ouvert pendant qu’une pelleteuse est occupée à leur balancer des gravas sur la tronche depuis la crête les surplombant...

Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord
Rando à Sapa et scooter sur la bordure nordRando à Sapa et scooter sur la bordure nord

Rédigé par Pierre

Publié dans #Vietnam

Commenter cet article

Françoise 23/12/2016 17:56

J'arrête de rire... les photos sont superbes!

Françoise 23/12/2016 17:50

J'espère vraiment que tes moelles se sont réchauffées